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Jeunesse, emploi, responsabilité :
Les esquives du Secrétaire à la Fonction Publique d’Etat
25 août 2010 – Plusieurs syndicats et des membres de l’AJFER ont eu des entretiens, mardi après-midi, avec le Secrétaire d’Etat à la Fonction Publique ou avec son directeur de cabinet. Le Secrétaire d’Etat – qui quitte l’île ce soir – s’est montré beaucoup plus prolixe sur les questions de « sécurité » que sur l’emploi des jeunes dans le secteur relevant de sa tutelle.
Les membres de l’AJFER ont exposé dans un communiqué leurs demandes au directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat à la Fonction publique : préparer l’accès des jeunes à l’emploi dans la Fonction publique d’Etat ou territoriale ; établir un « état des lieux du recrutement » et un « état des besoins en emploi ». Ils jugeront d’après les actes.
D’autre part, une délégation des syndicats UNSA, Solidaires, FSU, FO, CGTR, CFTC, CFE-CGC, et CFDT a rencontré le Secrétaire d’Etat, Georges Tron, auquel elle n’a eu que le temps de poser les questions principales, relatives à l’emploi dans la fonction publique : la question des effectifs et de leur renouvellement, celle de l’affectation dans le département d’origine pour les fonctionnaires reçus aux concours et celle de l’emploi de Réunionnais aux postes d’encadrement.
Les syndicalistes ont observé que l’invitation des autorités ne s’adressait qu’aux représentants syndicaux de la Fonction publique d’Etat : cela n’a pas empêché certains syndicats de soulever également les questions qui concernent la fonction publique territoriale – composée à 70% de précaires, à La Réunion. Mais ce choix trahit à leurs yeux une approche pour le moins discriminante de la fonction ministérielle : M. Tron est le Secrétaire d’Etat à la Fonction publique – qu’elle soit d’Etat ou qu’elle relève des collectivités locales ou territoriales. Arriver dans un territoire et écarter d’emblée les catégories de fonctionnaires qui lui sont attachées, relève d’une attitude particulière – qui n’est pas précisément celle du service public…
La Réunion, collectivité territoriale, connaît déjà trop de discriminations, que les syndicalistes ont rappelé à leur interlocuteur, dans le bref laps de temps que ce dernier leur laissait. C’est d’abord un sous-effectif déjà très prononcé, que va se charger d’aggraver encore la décision gouvernementale de ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Un peu plus de 25.000 agents sont en poste, pour 850.000 habitants. Le rapport annuel sur l’Etat de la Fonction publique, émis par la Cour des Comptes, fait apparaître le nombre total des agents des trois fonctions publiques – précaires compris – par département : le nombre d’agents de l’Etat en poste à la Préfecture de La Réunion (± 350) se situe au même niveau que leurs homologues de Martinique et de Guadeloupe, qui comptent moitié moins d’habitants. Un exemple parmi tous les autres.
Le Secrétaire d’Etat a également répondu aux syndicalistes qu’il ne ferait rien changer concernant la sur-rémunération dans les Fonctions publiques. Et sur deux autres sujets primordiaux – l’affectation et l’encadrement – soulevés tant par les élus réunionnais que par les syndicats, sa réponse a été perçue par ces derniers comme plus que légère, presque désinvolte : les renvoyant à deux circulaires dont ils n’avaient pu prendre connaissance du contenu.
Dérapage policier :
« La meute » est lâchée…
23 août 2010 – Ceux qui douteraient encore de la réalité du racisme colonial à La Réunion doivent d’urgence se rendre sur le blog de clicanoo, à la rubrique « fait-divers » (si, si !) du 18 août dernier : une simple vidéo légendée et… onze pages – pas une de moins – de commentaires où la bêtise humaine le dispute au mépris, à l’aveuglement, à la condescendance raciste et à tout ce que certains blogs peuvent recueillir de vomissures spontanées dès lors que l’Ordre–gardien-du-confort-des-dominants est mis en cause.
L’ordre véritable, dans une société de droit, ne peut reposer que sur le respect du droit – lequel n’est pas non plus une donnée intangible : il y a des institutions prévues pour le faire évoluer. Mais il est symptomatique, devant les commentaires émis après l’arrestation survenue devant la mosquée de Saint-Denis, que personne ne s’interroge sur la forme inhabituelle prise par la protestation de « l’avocat du PCR », Me Boniface. C’est pourtant elle qui déchaine les réactions lues sur le blog…
Les luttes politiques sont jalonnées de symboles et il leur faut parfois la valeur d’exemple pour frapper l’opinion et faire vaciller les préjugés d’un ordre injuste. Toute la haine des profiteurs (les dominants et les misérables qui leur font leur lit) transparaît dans ces quelques pages de mauvaise littérature.
S’y bousculent, pêle-mêle, dans un flot de médiocrité consistant à prendre pour étalon ses propres mesquineries (lâcheté, frustration…) : l’ignorance des faits et le refus d’écouter ce qu’un professionnel de la défense des droits humains vient en dire ; le refus de voir d’où vient le viol du droit (dans quels cas peut-il y avoir garde à vue ?); la condescendance de ceux ou celles qui ne se donnent même pas la peine d’articuler un argument : supériorité “innée” ? en français ou en créole, tous les nantis-frustrés consentants se valent.
La forte représentation politique, lors du rassemblement du 18 août (une dizaine d’élus, d’appartenances diverses, sur cent cinquante à deux cents personnes), interpelle « la meute » mais personne ne s’interroge ni n’explique le lien entre cette présence et la défense d’une « identité politique », d’une culture et de ses valeurs.
Personne non plus ne met ces faits en relation avec ce qui se passe en cette rentrée scolaire, où la faiblesse de l’encadrement est aussi bien numérique (quantitative) que culturelle (qualitative), avec une arrivée massive d’enseignants ignorant tout de la culture de leurs élèves et de leurs familles. Tout un symbole, là encore.
Dérapage policier :
« La meute » est lâchée…
23 août 2010 – Ceux qui douteraient encore de la réalité du racisme colonial à La Réunion doivent d’urgence se rendre sur le blog de clicanoo, à la rubrique « fait-divers » (si, si !) du 18 août dernier : une simple vidéo légendée et… onze pages – pas une de moins – de commentaires où la bêtise humaine le dispute au mépris, à l’aveuglement, à la condescendance raciste et à tout ce que certains blogs peuvent recueillir de vomissures spontanées dès lors que l’Ordre–gardien-du-confort-des-dominants est mis en cause.
L’ordre véritable, dans une société de droit, ne peut reposer que sur le respect du droit – lequel n’est pas non plus une donnée intangible : il y a des institutions prévues pour le faire évoluer. Mais il est symptomatique, devant les commentaires émis après l’arrestation survenue devant la mosquée de Saint-Denis, que personne ne s’interroge sur la forme inhabituelle prise par la protestation de « l’avocat du PCR », Me Boniface. C’est pourtant elle qui déchaine les réactions lues sur le blog…
Les luttes politiques sont jalonnées de symboles et il leur faut parfois la valeur d’exemple pour frapper l’opinion et faire vaciller les préjugés d’un ordre injuste. Toute la haine des profiteurs (les dominants et les misérables qui leur font leur lit) transparaît dans ces quelques pages de mauvaise littérature.
S’y bousculent, pêle-mêle, dans un flot de médiocrité consistant à prendre pour étalon ses propres mesquineries (lâcheté, frustration…) : l’ignorance des faits et le refus d’écouter ce qu’un professionnel de la défense des droits humains vient en dire ; le refus de voir d’où vient le viol du droit (dans quels cas peut-il y avoir garde à vue ?); la condescendance de ceux ou celles qui ne se donnent même pas la peine d’articuler un argument : supériorité “innée” ? en français ou en créole, tous les nantis-frustrés consentants se valent.
La forte représentation politique, lors du rassemblement du 18 août (une dizaine d’élus, d’appartenances diverses, sur cent cinquante à deux cents personnes), interpelle « la meute » mais personne ne s’interroge ni n’explique le lien entre cette présence et la défense d’une « identité politique », d’une culture et de ses valeurs.
Personne non plus ne met ces faits en relation avec ce qui se passe en cette rentrée scolaire, où la faiblesse de l’encadrement est aussi bien numérique (quantitative) que culturelle (qualitative), avec une arrivée massive d’enseignants ignorant tout de la culture de leurs élèves et de leurs familles. Tout un symbole, là encore.
Pique-nique militant à Saint-Paul
L’Intersyndicale en front uni contre la casse de la retraite
21 août 2010 – L’Intersyndicale, dressée contre la réforme des retraites du gouvernement, a rassemblé samedi autour du boulodrome de Saint-Paul, 150 à 200 syndicalistes des différentes centrales, par petits groupes disséminés : une présence forte de la CGTR, de tous les secteurs de l’île, et des délégations de Solidaires, de la FSU, de la CFDT, de la CFTC et de l’UNSA.

La députée-maire de Saint-Paul, Huguette Bello, a été la seule des politiques (PCR et NPAR) et syndicalistes présents à prendre la parole, pour appeler à « bat atèr » la réforme que le gouvernement veut faire passer en force à la reprise de la session parlementaire. Des rassemblements auront encore lieu à l’appel de l’Intersyndicale le 7 septembre, et dimanche prochain, à Saint-André, à l’appel de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté.
La mobilisation ne faiblit pas : elle se poursuit crescendo, de toutes les couches sociales ou catégories, atteintes à un titre ou à un autre ; que ce soit la « triple peine pour les jeunes », la situation faite aux femmes, les plus mal loties dans le travail, les inégalités de territoire… et La Réunion en sait quelque chose. « Cette réforme ne réduit pas les inégalités mais les aggrave » a développé Huguette Bello en reprenant plus particulièrement – après les données nationales – les chiffres qui disent la détresse du monde du travail réunionnais : le taux d’activité moindre, la grande masse des emplois précaires… et des travailleurs pauvres parce qu’ils sont cantonnés dans des emplois de faible durée. « Cette réforme est une machine à produire du chômage » a protesté Huguette Bello en rappelant la situation faite aux jeunes et aux femmes. (voir le détail ci-après)
« C’est le gouvernement le plus réactionnaire de toute la Ve République » a-t-elle encore dit, avant d’évoquer la situation d’appauvrissement qui attend la grande masse des personnes âgées de La Réunion dans une vingtaine d’années.
« La question des retraites relève d’un choix de société…» a rappelé Huguette Bello en évoquant ce que sera la population active d’une île au million d’habitants. Il faudrait créer à La Réunion 200.000 emplois, pour équilibrer à l’avenir les rapports entre travailleurs cotisants et retraités. Les secteurs porteurs d’emplois ont été identifiés. Mais il faut une volonté politique forte, et assez unitaire pour en finir avec l’entreprise de démolition néo libérale. « Un million d’emplois créés, c’est 20 milliards de cotisations en plus » a rappelé Huguette Bello en démontrant que les contorsions financières faites par ce gouvernement visent à faire payer toujours les mêmes, pour épargner les plus riches. La réforme en cours ne recherche aucune source de financement nouvelle. Pourtant « des solutions différentes pourraient être négociées » assure la députée de la 2e circonscription.
C’est ce que les syndicats vont s’efforcer de diffuser dans les semaines qui les séparent du 7 septembre.
Huguette Bello (extraits)
A La Réunion : la réforme va aggraver une situation sociale déjà détériorée
« A La Réunion, cette réforme arrive dans un contexte différent de la France hexagonale : le taux d’activité y est inférieur. D’une façon générale, le taux d’activité des 15-64 ans, qui atteint presque 61%, demeure 10 points en dessous du taux d’activité de la France hexagonale. Ici l’emploi précaire représente plus d’un quart des emplois salariés ; ce sont des contrats à durée déterminée, des emplois aidés, des missions d’intérim auxquels il faut ajouter les situations de formation de stagiaires, d’apprentis. Le chômage est ici plus élevé et la dégradation du marché du travail s’est traduite par 10.000 chômeurs supplémentaires en une année. Pour la première fois depuis 2003, le nombre de personnes en emploi diminue : 5000 emplois ont disparu entre 2008 et 2009. Cette réforme est une machine à produire du chômage. Reculer l’âge du départ à 62 ans entrainera une hausse du chômage et des déficits sociaux, tant que le nombre d’emplois offerts n’augmentera pas (…) Si les séniors sont maintenus au travail, l’entrée des jeunes dans la vie active sera retardée d’autant. L’INSEE vient d’établir une corrélation entre l’augmentation du taux de chômage des jeunes et l’application des réformes entre 1993 et 2003.
(…) Le travail à temps partiel concerne 1/5e des actifs ayant un emploi en 2009, soit 47.300 personnes. En cinq ans, le temps partiel est passé de 16% à 20%. Dans notre société, l’emploi de courte durée affecte trop longuement les Réunionnais : en 2006, parmi les moins de 30 ans, 6 salariés sur 10 ont travaillé moins d’une année entière ; un tiers des 30-49 ans a travaillé moins d’un an, même chose chez les plus de 50 ans. Plus précisément, en moyenne, les femmes et les jeunes travaillent l’équivalent de 4 mois à temps complet par an : à ce rythme, il leur faudrait travailler une centaine d’années pour obtenir le nombre d’annuités ! (…)
Avec les décisions prises, les Réunionnais prendront leur retraite encore plus tard ! Il y aura une augmentation du nombre de personnes au minimum vieillesse, car plus nombreux seront ceux et celles qui n’auront pas le nombre d’années suffisant. (…)
Actuellement, une personne âgée sur trois vit avec le minimum vieillesse (…) En France, cette allocation n’est perçue que par 5% des 60 ans et plus. Combien seront-ils au minimum vieillesse, dans 20 ans, lorsque les personnes âgées représenteront 22,2% de la population ? Actuellement, il y a 63.448 retraités du régime général ; parmi eux, 23.445 touchent une allocation supplémentaire du minimum vieillesse – dont près de 14.000 pour les femmes et environ 9000 pour les hommes. Rien qu’à Saint-Paul, nous avons 2.346 bénéficiaires de l’allocation supplémentaires du minimum vieillesse – soit 11% des allocataires réunionnais ! (…) En 2030, nous serons plus de 230.000 personnes âgées de plus de 60 ans.
Cette réforme entrainera une baisse générale des pensions des futurs retraités, donc une baisse du niveau de vie des Réunionnais à la fin de leur vie. (…) »
L’Intersyndicale est ses alliés, en quelques images:










Comores – Réunion :
Saïd Larifou réclame 1 million d’euros à l’Etat comorien
11 août 2010, Le Port (La Réunion) – L’avocat franco-comorien Saïd Larifou « vient d’engager une procédure d’assignation devant le tribunal de grande instance de Paris contre l’Etat comorien » annonce une dépêche de l’agence de presse comorienne HZKpresse datée du 9 août, dans laquelle il réclame à l’Etat comorien « une provision sur le préjudice » de 1 million d’euros.
Saïd Larifou est inscrit au barreau de Saint-Pierre, à l’île de La Réunion. Il est aussi, aux Comores, le président du parti Ridja (Rassemblement pour une Initiative de développement pour une Jeunesse Avertie), engagé dans la course à la présidentielle. L’avocat franco-comorien est retenu contre son gré aux Comores depuis le mois de juin dernier, en attente de son procès. Les autorités comoriennes lui interdisent de « quitter le territoire avant d’avoir été jugé », sans indiquer les motifs de son immobilisation.
« C’est dans ce contexte que des personnalités, des organisations internationales ainsi que des simples citoyens se mobilisent pour réclamer la liberté du président du parti Ridja » précise la dépêche, en citant un courrier du chef de l’exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, , adressé le 21 juillet au président du Comité de suivi de l’accord pour la gestion de la période intérimaire, « pour attirer son attention sur le cas Larifou. »
Le chef de l’Exécutif de l’île de Grande Comore s’indigne des entraves mise par la Police de l’Air et des Frontières au droit à la libre circulation (Convention d’Helsinki) de son compatriote, « alors qu’il ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire ni d’aucune mesure d’internement ordonnée par une autorité légale » écrit-il en dénonçant « une décision politique qui relève du harcèlement et d’un acharnement contre un adversaire… ». Magistrat de formation, Mohamed Abdouloihabi juge cette situation « totalement inacceptable ».
Son intervention a été suivie de la publication, le 4 août dernier, d’une note circulaire du ministre d’Etat en charge des élections, Abdourahaman Ben Cheikh Achiraf, appelant les agents publics au « respect des droits fondamentaux » et au rétablissement des libertés citoyennes, « en particulier [celles] des dirigeants politiques ».
A l’extérieur des Comores, La Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH), la LDH (Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen) et sa section de La Réunion « se sont associées à cette série de contestations pour demander aux autorités comoriennes de se conformer aux dispositions internationales relatives à la protection des droits de l'Homme » ajoute la dépêche comorienne. C’est aussi le sens du message adressé à Saïd Larifou le 8 juillet dernier, dans lequel le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, évoque un « harcèlement politico-judiciaire inacceptable et totalement contraire à l’esprit d’apaisement ayant présidé à l’élaboration de l’Accord pour la gestion de la période intérimaire » signale encore la dépêche.
Dans sa requête au parquet de Paris, l’avocat franco-comorien évoque à son encontre les « multiples arrestations suivies de garde à vue sans motifs » ainsi que sa récente « agression par une dizaine de policiers à l’aéroport de Hahaya » et sa « détention sans motifs légitimes ni décision judiciaire » qui le prive de sa famille, de ses amis et l’éloigne de ses activités professionnelles.
Ce sont les raisons invoquées par le requérant pour réclamer à l’Etat comorien « une provision sur le préjudice (…) d’un montant de 1 million d’euros » conclut Faissoli Abdou, de HZKpresse.
Tout marériau jugé intéressant peut être repris, avec la mention du site d'origine et un lien actif vers celui-ci: http://www.liberasyon.re création du site: web-el-design
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