| forum |
Flore et Halle 2010 :
Deux livres à découvrir
28 juillet 2010 – A l’occasion du Salon Flore et Halle, dont la 15e
édition se tient au Port du 28 juillet au 1er août sur le thème,
cette année, de la Santé et du Cadre de Vie, signalons deux parutions qui
intéresseront les amoureux de la nature
réunionnaise.
La plus récente est le volume 3 de l’immense étude menée par l’entomologiste Christian Guillermet sur les papillons de La Réunion, plus spécialement les papillons de nuit ou Hétérocères, et plus précisément encore les familles des Pyralidae et des Crambidae – deux vastes familles qu’il présente sur plus de 500 pages et onze planches de photos. Le scientifique qui a été à l’origine de la fondation de l’Insectarium du Port, lors du deuxième séjour qu’il fit dans l’île, de 1992 à 2002, est actuellement de retour pour des conférences (dans le Salon) et pour continuer à identifier de nouvelles espèces : depuis un mois, il en a ainsi trouvé une vingtaine, non répertoriées – dont au moins cinq endémiques.
Son étude sur les papillons de nuit a commencé après la parution d’un premier livre sur les Rhopalocères (papillons diurnes). Les deux premiers volumes, parus en 2005 et 2006, ont été édités par l’association Nature Découverte et Partage (Saint-Gilles les Hauts). Ce troisième tome également, mais avec le concours ajouté du Parc National de La Réunion et il vient combler une lacune dans la connaissance des pyrales de l’océan Indien occidental, d’après la Préface du professeur Joël Minet, du Museum national d’Histoire naturelle de Paris.
La deuxième publication est parue l’an dernier, en accompagnement de l’inauguration de la route des Tamarins. Mais elle mérite d’être largement connue. C’est une présentation par Raymond Lucas des 70 espèces végétales plantées en 600.000 exemplaires le long de la route des Tamarins. Raymond Lucas est le président de l’association des Amis des Plantes et de la Nature (APN). Sa monographie est intitulée « La route ombragée » et se présente comme une collection de fiches d’identité très simples sur chacune des espèces indigènes, endémiques, et exotiques (fruitiers, plantes ornementales, bambous et palmiers) qui donneront de l’ombre aux générations futures. L’introduction de Paul Vergès rappelle que cette route « a failli s’appeler “la route des balcons” » à cause des nombreux et superbes points panoramiques offerts à la vue de ses usagers. Mais le choix s’est finalement porté sur “la route des Tamarins” « parce qu’il y a un siècle et demi, ce paysage était planté de tamarins (…) : l’être humain les a détruits, comme il a saccagé des centaines d’espèces endémiques (…) » La Région, sous sa présidence, a voulu « réparer cette destruction et contribuer à restaurer un environnement endommagé et violé ».
La présentation qu’en fait Raymond Lucas, bien que succincte pour
chaque variété, permet de voir un condensé de ce travail de restauration et
d’apprendre les bases de la connaissance d’un patrimoine végétal unique. Ce
petit livre de moins de 200 pages est gratuit et disponible au stand de l’Ecole
des Beaux-Arts, où est également accrochée une exposition sur nos papillons.
Doha remis en cause en Europe
Préserver la sécurité alimentaire, maintenir l’agriculture
22 juillet 2010 – Des producteurs agricoles en Europe s’opposent aux accords de libre-échange (ALEA) issus de l’Uruguay Round et de Doha, en démontrant les dangers que cette politique fait peser sur l’activité agricole en tant que « prestation sociale », sur la sécurité alimentaire et sur l’environnement.
L’Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSF-Suisse) est de formation récente (environ un an) et regroupe des associations agricoles comme l’AGORA (Organisation agricole romande), des entreprises de transformation agro-alimentaire et des producteurs de machines. Tous s’opposent au libre-échange dans l’agriculture, pour « défendre et préserver la sécurité et la souveraineté alimentaires. » Ils s’en expliquent dans le n° 28 de Horizons et Débats (juillet 2010), au travers de l’interview de Walter Willener, président de l’ASSAF, et d’un article (« Un NON de raison ») qui explique pourquoi la libéralisation totale des échanges entre la Suisse et l’Europe (ALEA) est inacceptable.
Les raisons qu’ils exposent rejoignent toutes les questions qui ont été soulevées par les pays ACP à propos des « accords de partenariat économique » et celles auxquelles sont confrontées les producteurs de La Réunion : c’est un problème mondial auquel il faut apporter des réponses respectueuses des travailleurs de la terre, des besoins de préservation de la sécurité alimentaire de milliards d’habitants et des conditions générales de protection de la biodiversité. Face à ces impératifs, le profit n’a aucune priorité.

Les agriculteurs suisses expliquent comment leurs organisations de coopératives de producteurs sont à la base du système politique du pays : une démocratie directe fondée sur l’autonomie communale, les cantons et la Confédération. Les questions posées par les agriculteurs suisses interpellent la politique de leur Etat et, à travers elle, tous les gouvernements sur la question de l’OMC et de la gouvernance mondiale. (P.D avec H&D et VoltaireNet)
Récif corallien
Un “ malade chronique ” très fragile
3 décembre 2009 – Comme presque tous les récifs du monde, celui de La Réunion passe tous les ans un bilan de santé. Et que ce soit l’examen “ généraliste ” par le Reef check ou celui, spécialisé, de la Réserve marine, tous s’alarment de la santé précaire d’un “ malade chronique ” rendu plus fragile aux nouvelles maladies des coraux. Et ce ne sont pas les virus et les bactéries qui manquent…
Tous les récifs coralliens du monde ou presque connaissent le phénomène de blanchissement, dû au fait que,par le réchauffement des océans, les coraux expulsent les algues qui leur donnent leur couleur. C’est à partir du phénomène climatique El Niño, en 1998, que les scientifiques ont exercé un suivi rigoureux et très régulier de la plus grande part des 600.000 km2 de coraux à travers le monde. Mais faut-il incriminer le seul réchauffement ?
Le suivi est réalisé de deux manières : par une participation aux réseaux scientifiques et par le protocole Reef Check, délibérément “ grand public ”. La Réunion participe des deux types de suivi. : elle s’est dotée depuis février 2007 d’une Réserve marine de 35 km2 – incluant 12 km2 de récifs coralliens – et fait partie d’un réseau mondial (le Global coral Reef Monitoring Network – GCRM) pour la partie du sud-ouest de l’Océan Indien.
Dans ce réseau, l’Agence pour la Recherche et la Valorisation marine (ARVAM), « développe le logiciel mondial de surveillance de l’état de santé des récifs coralliens (CoReMo) qui permet d’harmoniser les protocoles entre tous les pays » précise Jean-Pascal Quod, directeur général de l’ARVAM qu’il représente au conseil scientifique de la Réserve marine. Cette aire protégée – une parmi le millier de réserves marines couvrant 2% de l’ensemble du récif mondial – est sous la responsabilité d’Emmanuel Tessier.
Le protocole Reef Check, lui aussi récent dans l’île, vise quant à lui à toucher un plus large public en créant des partenariats entre des bénévoles sensibles à la préservation des récifs, les scientifiques qui travaillent de leur côté à la collecte des données, les associations environnementales et les bailleurs de fonds publics et privés. Reef Check Réunion devrait présenter cette semaine le bilan 2009 des actions entreprises.
Celles-ci l’ont été pour tenir compte d’un état de notre récif connu pour être très détérioré, du fait du cumul de plusieurs facteurs : pression touristique, usage d’intrants agricoles polluants, dégâts cycloniques et pression exercée par une population en forte croissance et concentrée à 80% sur la bande littorale de l’île.
Selon le bilan mondial 2008, « 20% des récifs seraient irrémédiablement détruits, 25% dans un état critique, 25% menacés et seulement 30% dans un état satisfaisant… ».
Il faudra être attentif au fait de savoir si les actions entreprises ici ont servi à arrêter la dégradation. L’an dernier, la Réserve marine évaluait notre récif « à 15% de coraux vivants » – ce qui est moitié moins que l’estimation donnée pour le monde.
Mais les récifs peuvent reprendre vie. C’est pourquoi il est important d’associer le plus grand nombre aux actions de sensibilisation et de protection, car dans le même temps, les menaces s’accumulent. Le récif corallien est aujourd’hui considéré par ceux qui sont en charge de le faire revivre, comme un “malade chronique” fragilisé par un stress d’origine à la fois humaine et climatique.
« Le fait nouveau, en 2009, est la mise en évidence de maladies des coraux – causées par des virus ou des bactéries – qui affectent un état de santé déjà fragile. De là est né un projet de recherche entre l’Afrique du sud et La Réunion, intégré dans les actions de surveillance » ajoute le directeur de l’ARVAM. P. D
Bouchons à trier
Appel aux bonnes volontés
28 octobre 2009 – Apprendre un geste de tri pour le recyclage du plastique tout en favorisant les pratiques sportives de personnes handicapées : c’est la double action proposée par Handi Bouchon Réunion à ceux et celles qui veulent avoir le geste utile.
Handi Bouchon Réunion est une association qui œuvre pour permettre aux personnes à handicap de pratiquer une activité sportive. Sa principale activité est de collecter des bouchons en plastiques et d’entraîner le plus grand nombre dans cette collecte bénévole : son produit est intégralement dédié à l’achat de matériel sportif pour personnes handicapées.
Tous les jours, il suffit de baisser les yeux pour trouver au sol une moisson de bouchons en plastique négligemment abandonnés par leur propriétaire. Quelquefois, le bouchon est encore sur la bouteille, mais pas toujours. Les bouteilles – recyclées en Europe – doivent être jetées dans la poubelle à couvercle jaune des emballages : pas le bouchon !
Le bouchon, c’est 2 grammes d’espoir à recycler dans l’île, avec le partenariat de l’usine Cycléa, qui les achète à la tonne.
« Le bouche à oreille marche bien » constate Noël Thomas, de l’association Handi Bouchon Réunion, mais il pourrait faire beaucoup plus, si chacun suivait quotidiennement l’exemple donné par les petits de l’école maternelle de Villèle : sur une année scolaire, des petits bouchons en chair et en os ont collecté 120 kg de bouchons en plastique. Même chose à l’école L-Vergès de la Rivière des Galets, qui chaque année ramasse le contenu de 2 grosses poubelles livrées à l’association.
Au Tampon, le collège du 14e km a ramassé 700 kg de bouchons l’an dernier. Tout bien réfléchi, ça ne fait même pas un bouchon par an pour chacun des mille collégiens ! Si chacun ramassait ne serait-ce qu’un bouchon par jour (2 kg), la collecte serait de près de 500 kg dans l’année. Nous pouvons tous faire plus.
A la Plaine des Palmistes, une petite équipe réunie à la cure ramasse plus de 100 kg de bouchons « pratiquement tous les mois et demi » – soit plus d’une tonne par an !
Bon an mal an, l’association se fait remettre 5 à 6 tonnes de bouchons par des collecteurs bénévoles de tous âges et de toutes conditions.
L’an dernier, elle a pu acheter pour 2.000 € de matériel de sport – ballons de basket, jeux de boccia, ballons sonores pour aveugles – qui a servi à huit associations et environ 800 sportifs handicapés, licenciés des comités régionaux Handisport et Sport adapté.
La seule ombre au tableau est le faible nombre des bonnes volontés pour organiser les cueillettes de bouchons et les porter ensuite à des points de collecte centralisés qui eux aussi ne sont pas encore assez nombreux. Il n’y a pour l’heure que quatre lieux de dépôt (voir ci-après) et l’association est en pourparler avec la Communauté des communes du sud et le TCO, pour l’ouverture de nouveaux sites de ramassage. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
OU REMETTRE LES BOUCHONS ?
Vous avez collecté 5kg de bouchons dans un sac poubelle. Où aller les déposer ?
– A la SREPEN : 30 rue des Deux Canons – 97490 Sainte Clotilde – Tél : 0262.28.19.29
– A la Croix Rouge de Basse Terre : container mis à disposition au 30, rue Jules-Hermann, le mercredi de 9h à 11h30 – Tél 0262.35.36.62
– Association Roland Georget : à partir de 15h derrière le gymnase de Champfleuri (en passant vers le club house et le tennis)
– HBR : 4, impasse des Emeraudes, Plateau Caillou, 97460 Saint-Paul – 0692.61.25.68
Villes du futur
Chongming, première ville écologique
15 octobre 2009 – L’immense majorité de la population mondiale est aujourd’hui urbaine. Les 31 villes de plus de 10 millions d’habitants abritent près de 5 milliards d’humains et ces villes devront s’adapter aux changements climatiques. Les “villes du futur” seront vertes si elles veulent durer : c’est l’exemple chinois du projet Dongtan, préparé pour 2010.
A la dimension de la planète, notre petite île, avec son million d’habitants vers 2030, ne sera pas plus peuplée que ne l’est actuellement la ville de Bordeaux, elle-même dix fois moins peuplée que Bagdad ou Kinshasa. C’est dire à quelle échelle nous évoluons. Mais l’important est qu’à notre petite échelle, nos efforts puissent servir de référence à des ensembles plus vastes. C’est, entre autres, ce dont vient parler dans notre île cette semaine, le climatologue Jean Jouzel – prix Nobel 2007 de la Paix avec Al Gore –, invité par la MCUR pour deux conférences sur « l’avenir de notre climat ».
En 2009, 482 villes (de 1 million à 37 millions d’habitants) abritent la quasi-totalité de la population de la planète : 422 villes ont de 1 à 5 millions d’habitants, 30 villes de 6 à 10 millions d’habitants ; 23 très grosses villes – presque toutes des capitales – ont de 11 à 20 millions d’habitants et les 5 plus grosses mégapoles mondiales ont de 21 millions d’habitants, comme Mumbaï à 37 millions comme Tokyo. Sur les 31 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants, 21 sont dans le monde « en développement » appelé le « sud » bien qu’elles ne soient que 6 à se situer sous l’équateur.
Tous ces ensembles devront s’adapter aux exigences du réchauffement climatique pour avoir une petite chance de ralentir le phénomène. C’est ce que veut réussir le gouvernement chinois avec le projet Dongtan, en lice pour l’exposition universelle de Shanghai en 2010 : basé sur les villes traditionnelles, il prévoit d’édifier une ville écologique, autosuffisante énergétiquement, sur l’île de Chongming : 1.200 km2 dans l’estuaire du Yangtze, au nord de Shangai (17,7 millions d’habitants).
Actuellement peuplée de 650.000 habitants, dont beaucoup sont des paysans déplacés à la suite de la construction du barrage des Trois Gorges, Chongming – 3e plus grande île chinoise après Taiwan et Hainan – devra accueillir 2 millions de résidents en 2050.
A la dimension de la Chine, c’est un défi expérimental miniature : il s’agit de construire la première ville écologique du monde, d’une population qui sera à cette date deux fois la nôtre, sur un territoire deux fois plus petit que le nôtre !
Aujourd’hui, à perte de vue, ce sont des champs et des forêts, arrosés de petits ruisseaux et de moyennes rivières. L’île abrite une réserve naturelle d’oiseaux migrateurs et une pépinière d’où proviennent tous les arbres plantés à Shanghaï.
Les Chinois veulent en faire une communauté autoalimentée par les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse), sans émissions polluantes, dont les déchets seront recyclés à 80% et où les déplacements ne se feront qu’en transports publics. Les bâtiments ne devront pas y dépasser 8 étages et les toits seront recouverts de végétation… P. D
Tout marériau jugé intéressant peut être repris, avec la mention du site d'origine et un lien actif vers celui-ci: http://www.liberasyon.re création du site: web-el-design
|
| Recherche sur le site
par mot clé: |
||
Contact:mail direct: retrouvez nous également sur notre page Face Book:lire en liberté recommander le site sur Face Book Pour être tenu au courant des nouveaux articles publiés, vous pouvez inscrire ci-dessous votre adresse mail: |
||