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Le coût des guerres américaines
28 juin 2010 – Il est aujourd’hui connu, notamment au travers des travaux de l’économiste britannique Antony Cyril Sutton que « sans le capital de Wall Street il n’y aurait eu ni IG Farben, ni Adolf Hitler, ni Seconde Guerre mondiale »… ni quantité d’autres conflits, guerres et même révolutions… qui n’ont eu d’autre but, du point de vue de la finance, qu’alimenter les affaires des marchands de canons, tout en ouvrant au Capital les portes de nouveaux marchés.
Même les guerres doivent être rentables, puisqu’elles coûtent. En ne comptant que ce qu’elles ont coûté aux contribuables américains – et c’est loin d’être le coût global – voici le décompte fait par un article récent sur Agoravox : 533 milliards de dollars (en valeur US$ 2005) pour les opérations menées au Vietnam entre 1963 et 1974 (durée officieuse) ; 61,1 milliards de dollars dans la première guerre à l’Irak (remboursés à 70% par la Coalition internationale) ; 3 000 milliards de dollars pour la seconde guerre d’Irak…et ses conséquences sur dix ans, selon Joseph Stiglitz ; 274 milliards de $ dans la guerre d’Afghanistan entre octobre 2001 et fin 2008 : presque l’équivalent de la dette extérieure du Brésil, et la moitié de son PIB.
Et ces milliers de milliards de dollars (près de 4 000 milliards) ne sont qu’une petite partie de ce qui a été réellement dépensé en conflits divers depuis cinquante ans. Il faut y ajouter le coût de toutes les interventions armées, expéditions punitives et bombardements opérés sur la même période en Amérique centrale et du Sud (Guatemala, Panama, République dominicaine, Pérou, Chili, Salvador, Nicaragua, Grenade, Haïti), en Asie (Laos et Cambodge, Philippines, opération Cyclone d’Afghanistan…), dans la guerre européenne consécutive à l’éclatement de la Yougoslavie (bombardements au Kosovo), et en Afrique (Lybie, Somalie, Soudan).
Pour faire bon poids, n’omettons pas les liens existant entre le 11/09/2001 et la finance internationale. La 3e tour effondrée à New-York, la WTC7, abritait Citygroup, la plus grosse entreprise financière mondiale d’après Forbes (2 200 milliards de dollars en 2007), une Agence du Département du Trésor américain et la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organe américain chargé de la réglementation et du contrôle des marchés financiers : ses archives d’affaires financières telles que Enron et Worldcom ont été englouties dans les décombres.
Pour comprendre le rôle des guerres dans la géopolitique du gouvernement nord-américain, un document écrit en septembre 2000, le New American Century, donne la vision du monde des néo-conservateurs américains et leurs priorités : “ Reconstruire les défenses de l’Amérique – Réorganiser les forces armées américaines ”. Ce document met la guerre au cœur de la politique étrangère américaine. Et on ne peut pas dire que l’élection de Barack Obama ait apporté un changement majeur et ferme en ce domaine.
D’un autre côté, si le désastre du 11/9 a permis aux Américains de continuer à financer leurs guerres partout, il a aussi rendu les liens entre les complexes militaro-industriels et la finance plus apparents et évidents que jamais pour une large partie de l’opinion mondiale, qu’il sera plus difficile de berner à l’avenir. La question reste : comment mettre fin à tout ce gaspillage et son cortège de misères ?
Pendant ce temps, entre 875 et 900 millions de personnes vivant dans les pays en développement continuent à souffrir de la faim. Pendant ce temps, les services de la dette dans ces pays en développement continuent à financer les couches dirigeantes des pays nantis à un niveau dix fois supérieur à ce que les pays du Nord apportent comme “ aide au développement ” à ceux du Sud.
Il n’y a pas d’autre façon de dire la volonté des peuples, que de s’unir pour faire barrage aux fauteurs de guerres et à tous leurs alliés. Tous ceux qui protègent la finance – et le gouvernement actuel est à ranger dans ce lot – nous préparent en réalité un avenir à feu et à sang. A refuser de toutes nos forces plurielles.
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