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Sécurité alimentaire
Le SOS des Iliens de Saint-Marie
24 novembre 2009 – Les dérèglements climatiques ont d’innombrables conséquences, dont certaines aggravent l’insécurité alimentaire de centaines de millions d’humains. Tout près de nous, dans l’île de Sainte-Marie (Madagascar), les paysans s’organisent pour sortir de la sous-alimentation…
La cause première du désarroi des paysans malgaches reste le cyclone Ivan. Le 17 février 2008, des vents soufflant à plus de 200km/h ont traversé l’île d’Est en Ouest, en commençant par Sainte-Marie, dévastant de nombreuses cultures sur leur passage.
Dans l’ensemble de la Grande Ile, 5 millions de déracinés (près de 30% de la population) se sont rapprochés des villes dans l’espoir d’échapper à la grande pauvreté. Celle-ci frappe plus de 76% des ruraux et “seulement” 52% des citadins, selon la FAO. L’Organisation de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture relève aussi que 6,6 millions de Malgaches (35%) disposent de 260 Kcal/personne/jour, alors que le minimum alimentaire requis, selon la FAO, est de 1 850 Kcal/personne/jour.
D’autres facteurs viennent aggraver ce tableau déjà sombre. Le VCT par exemple, “vivres contre travail” consiste à échanger une ration hebdomadaire familiale contre des heures de travail : 2,5 kg de riz contre 5 heures de travail dans la communauté urbaine d’Antsirabe. Dans les villes, ce système cible « les populations vulnérables ou les sans emploi fixe ou les désœuvrés dans les fokontany* » selon la presse malgache. Mais des ONG l’ont étendu dans la brousse avec des succès divers, et quelquefois sans succès.
A Sainte-Marie, le VCT introduit au titre de la “ sécurité alimentaire ” a mobilisé beaucoup d’agriculteurs pour la réhabilitation des pistes et les a détournés de la riziculture traditionnelle. Cela a aggravé la situation alimentaire des Iliens, dont neuf fokontany ont lancé un SOS.
Le 19 novembre dernier, les responsables des secteurs concernés ont fait le point sur le niveau d’insécurité alimentaire dans l’île. Une enquête préliminaire sera menée par une quinzaine de techniciens des ONG présentes, encadrés par une équipe de l’Office national de nutrition dépêchée dans l’île le 22 novembre, sur la base d’un questionnaire de la FAO. L’enquête doit être menée auprès de 270 foyers (30 par fokontany), pour déterminer « le niveau d’insécurité alimentaire des ménages ».
La Maison de l’agriculture et de l’environnement de Sainte-Marie (MAESM), où travaille le volontaire réunionnais Michaël Lauret, a établi un questionnaire complémentaire en direction des Fokontany, pour que les paysans puissent évoquer le nombre des plaintes pour vol de récoltes ou encore les quantités de Produits de première nécessité vendues dans les boutiques de brousse.
La restitution de l’enquête devrait avoir lieu le 26 novembre, en présence des représentants de l’ONN. Parmi les pistes évoquées pour la recherche de solution figure la demande d’intrants/semences et petit matériel, une aide alimentaire et le transfert de l’HIMO pour la réhabilitation et l’aménagement d’équipements ruraux, tels que la réhabilitation et l’aménagement du périmètre irrigué et un appui au système de riziculture intensif (SRI) basé sur l’usage d’engrais naturels.
· Le fokontany est l’unité de base constitutive des communes malgaches.
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