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Catastrophes
« naturelles » ?
Changer nos
modèles, pour mieux anticiper ensemble
10 août 2010 – L’Association «Initiatives
dionysiennes» propose un panorama (à un temps T) des catastrophes
naturelles qui font ces temps-ci des milliers de victimes de par le
monde. Ce sont, en Chine, les plus terribles crues depuis dix ans ; au
Pakistan, une province du Nord devenue inaccessible par la route, coupée par
des torrents ; en Afrique, dans l’Est du Congo, ce sont des inondations
ravageuses, qui jettent des milliers de villageois sur les routes. Partout, ces
catastrophes font, au-delà des milliers de morts déjà relevés, des milliers de
disparus et des millions d’habitants déplacés. Ailleurs, c’est la sécheresse
qui est source de catastrophes agricoles ou de terribles incendies. 2010
pourrait être, selon les observateurs des catastrophes naturelles,
« l’année la plus chaude » encore jamais vue, avec « de nouveaux
records de températures mondiales ».
Et comme un court schéma vaut mieux qu’un long discours, il n’y a rien d’autre à ajouter que cette carte mondiale des inondations survenues entre le 1er janvier et le 31 juillet 2010. Et ce n’est peut-être pas terminé, car les prévisionnistes annoncent une saison cyclonique intense sur l’Atlantique Nord, avec la formation possible de 9 violents ouragans.

Ce que montre cette carte (source :
www.catnat.net), c’est que c’est bien la main de l’homme qui « fait » les
catastrophes, dites « naturelles », puisque celles-ci ne surviennent
que dans des zones habitées, et souvent des zones à très fortes
densités… même si les circonstances peuvent être différentes à des points
différents de la planète. Les éléments naturels ne font que pointer des erreurs
d’aménagement… ou pas d’aménagement du tout.
Mais la preuve est faite : 1 – que les pays « développés »
ne sont pas à l’abri des catastrophes et donc, que leurs modèles de
développement soumis aux logiques de profit ne les protègent pas mieux et 2 –
qu’ils doivent, dans cette recherche, se montrer solidaires des pays en voie de
développement, frappés eux aussi alors qu’ils n’ont pas pris la même part dans
les causes des dérèglements actuels et qu’ils n’ont pas les moyens, dans
l’asphyxie économique où ils sont maintenus, de promouvoir seuls des modèles
différents.
De ce point de vue, c’est (peut-être) encore la Chine qui
montre la voie : les études que ce pays a lancées il y a dix ans pour agir
contre les tempêtes de sable dans le Nord, permettraient d’améliorer la qualité
de l’air à Beijing et Tianjin.
Ce n’est pas la voie suivie, à La Réunion, par des
dirigeants irresponsables qui, en quelques mois, ont tourné le dos à plus de 3
milliards d’investissements prévus pour des mesures d’adaptations aux
changements climatiques. Ces décisions, qui ont déjà un coût humain élevé (par
la hausse du chômage), sont lourdes de menaces liées à des aménagements
incohérents.
Mais pour véritablement changer de modèle, il ne
suffit pas de changer les dirigeants : il faut transformer en profondeur
le cadre sociétal et structurel dans lequel ces dirigeants opèrent, dans le
sens de plus de responsabilités partagées. Pour être pertinente, la désignation
des dirigeants doit partir de « la base » : une base informée des
enjeux et impliquée dans la réussite des changements
nécessaires.
Manipulation politique
L’UMP-Réunion tombe le masque
17 juin 2010 – Lors des dernières élections régionales, beaucoup ont pu croire de bonne foi, sur des informations incomplètes ou mal documentées, que le projet de tram-train était peut-être “ trop compliqué ” ou “ trop cher ” et qu’après tout, puisqu’on leur promettait « 2.000 bus »…
Il n’y aura jamais les 2000 bus promis par Didier Robert dans sa campagne électorale. C’est ce qu’a confirmé récemment la 12e vice-présidente dans une instance où elle représente la collectivité. « Le Conseil régional n’a pas la compétence des transports » est aujourd’hui la réponse doctrinale faite aux partenaires du secteur des transports routiers.
Le 11 juin dernier s’est réuni le Conseil d’administration de la SOTRADER, une SEM d’ingénierie, de billetterie et de contrôle compétente dans les transports routiers de voyageurs. La SOTRADER est financée en partie par la Région, le Département, la Caisse des Dépôts et Consignation et Transdev. Neuf représentants des collectivités territoriales – 8 du Département, 1 de la Région – siègent donc dans son conseil d’administration.
Lors de cette réunion, après l’exposé du bilan d’activité, les dirigeants de la SOTRADER ont évoqué les perspectives d’avenir, faisant notamment des ouvertures vers le projet TransEcoExpress présenté par l’équipe de Didier Robert comme un projet de « transport en commun en site propre » censé remplacer le tram-train. La SOTRADER a logiquement interrogé la représentante de la Région sur quels partenariats envisager dans la perspective de la réalisation de ce projet. Réponse de la 12e vice-présidente, siégeant au Conseil d’administration de cette société : « La Région n’a pas la compétence des transports, allez voir le Conseil général. »
Cette réponse a fait l’effet d’une douche froide sur les responsables de la Société, qui se sont rendus compte de l’inconsistance de ce qui a été présenté à tous, au moment des élections, comme une alternative au tram-train. « Si le TransEcoExpress avait un minimum de consistance, cette élue aurait tenu un tout autre discours. Nous sommes face à des gens qui se sont faits élire sur un programme et qui, une fois élus, se défaussent et avouent qu’ils n’ont rien du tout à proposer » a commenté pour sa part le 7e vice-président du Conseil général siégeant dans la même assemblée.
Un certain nombre d’électeurs, trop mal informés pour pouvoir percevoir la différence de dimension et de nature entre les deux projets, ont pu de bonne foi croire en la faisabilité de TransEco Express
Réchauffement climatique
202 recommandations pour s’adapter
17 juin 2010 – Comme prévu lors de son lancement en décembre 2009, la Concertation nationale coordonnée par Paul Vergès pour un Plan national d’adaptation aux changements climatiques d’ici 2011, a rendu ses recommandations le 15 juin à la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno. « Les trois groupes de travail ont mobilisé 160 personnes qui se sont réunies régulièrement, le premier objectif de mobilisation est donc atteint » a commenté Paul Vergès, président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC).
La concertation pour un plan national d’adaptation d’ici 2011 a été lancée en décembre dernier. Trois groupes de travail issus des réflexions des Grenelle1 et 2 – notamment la loi du 3 août 2009, dans son article 42 – se sont réunis sous la présidence de l’ONERC, pour faire émerger les mesures (et les financements) à mettre en place afin de limiter les impacts négatifs des changements climatiques.
La décision d’organiser une concertation nationale a fait suite à la publication, en sept. 2009, du premier rapport d’évaluation, par un groupe interministériel, du coût des impacts des changements climatiques à l’échelle nationale : si rien n’est fait, il en coûterait « plusieurs centaines de millions par an » annonçait le rapport. Avant lui, le rapport Stern avait estimé le coût de l’inaction entre 5% et 20% du PIB mondial, contre 1% à 5% pour l’adaptation.
Les trois groupes sont composés d’une trentaine de personnes et de nombreux experts, issus des cinq collèges du Grenelle (Etat, collectivités locales, entreprises, syndicats, associations). Leur travail préparatoire doit aboutir à des « schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie » comme le prévoit le Grenelle2 et à des plans territoriaux « Climat Energies » d’ici 2012. Ce plan fera l’objet d’une consultation des parlementaires à la rentrée de septembre.
En amont des décisions publiques, les rapporteurs préconisent parmi les actions prioritaires « d’améliorer les connaissances sur le changement climatique » pour pouvoir prendre les mesures appropriées. La collecte des données est un autre élément essentiel dans la mise en place des dispositifs d’adaptation et des évaluations des risques (canicule, inondations, tempêtes, épidémies…). L’implication des citoyens à tous les niveaux d’organisation possible est un troisième facteur décisif dans la réalisation d’engagements concrets et la mise en œuvre des décisions des pouvoirs publics pour s’adapter au changement climatique.
202 recommandations émergent du travail des trois groupes : en matière d’aménagement, de risques naturels, de ressources en eau, de santé, de biodiversité… et ouvrent de nombreuses pistes. « Nous sommes au tout début d'un travail d'inventaire et d'expertise, nous apportons plus de questions que de réponses : ce sera aux pouvoirs publics de définir quels sont les risques acceptables et ceux qu'il faut à tout prix éviter » a déclaré Paul Vergès (Le Monde, 15 juin).
De même source, le rapport doit être complété par des collectes de données spécifiques aux régions d’outre-mer. Entre septembre et mi-octobre, il reviendrait aux Régions d’organiser des réunions publiques de consultation citoyenne, parallèlement à une consultation possible du public via internet. « Seules l'amélioration des connaissances et leur diffusion auprès de tous les publics permettront de faire de cette question une priorité nationale en ces temps de crise économique » a commenté Paul Vergès, président de l’ONERC.
Les énergies renouvelables et leur financement
La force d’innover
10 novembre 2009 – Les énergies renouvelables et le développement durable submergent tous les discours mais le programme pluriannuel des investissements (PPI), orienté par l’Etat, mise sur le fossile : fuel et charbon ! Saura-t-il compenser ?
La maîtrise des énergies, dans une économie, est une question d’importance majeure parce qu’elle agit directement et indirectement sur la chaîne des coûts de production. L’orientation des pouvoirs publics pour notre île, à l’initiative de la Région, est d’atteindre l’autosuffisance énergétique, basée très largement sur les énergies renouvelables (EnR), moins coûteuses à long terme parce qu’inépuisables.
Cette orientation, inscrite aussi bien dans les plans régionaux (PRERURE et STARTER) que dans le projet gouvernemental GERRI, a été réaffirmée aux Etats généraux de l’outre mer et par le président Nicolas Sarkozy à l’issue du Conseil interministériel de l’Outre Mer, le 6 novembre, lorsque le chef de l’Etat a redit l’ambition de « donner à la Réunion les moyens d’atteindre l’autonomie énergétique (…) et faciliter la mise en œuvre de mesures innovantes ».
Le président a notamment mis en avant l’énergie thermique des mers (ETM) et la géothermie, deux domaines – les sous-sols et l’océan – de la prérogative de l’Etat.
L’Etat programme du fossile !
Le prototype “ grandeur nature ” de DCNS annoncé pour 2014 est soutenu par l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros. Il s’inscrirait a priori dans une perspective de mutualisation avec d’autres projets innovants, en pleine mer.
Pour la géothermie, tout est en place, quand les choix auront été faits pour le classement de la Plaine des Sables au patrimoine naturel de l’UNESCO. Et là aussi, il faudra innover pour ne pas porter atteinte au site du volcan. Depuis le lancement de ce grand chantier, en 2001, les études ont été faites et la technologie donne une certaine latitude.
Dans les discours, tout va bien. Là où les choses se gâtent, c’est dans les traductions pilotées par EDF en termes d’investissement : remplacer une centrale au fuel de 120 MW par une de 220 MW, ajouter des extensions charbon dans le sud et dans l’est de l’île, cela pourrait passer pour de la fumisterie !
C’est la raison pour laquelle la Région a proposé une programmation qui intègre la notion de “ compensation ” : pour chaque Méga Watt tiré d’énergies fossiles, la PPI réunionnaise devra prévoir les financements pour l’équivalent en watt tiré d’énergies durables.
C’est un des enjeux importants que les Réunionnais, toutes tendances confondues, doivent défendre pour protéger leur île et contribuer à l’effort planétaire concernant le réchauffement climatique. P.D
Logement social
Il ne manque plus que les financements
5 novembre 2009 – Le Salon de la Maison met l’accent cette année sur la décoration d’intérieur. C’est très joli… pour ceux qui ont un logement. Pour près de 27 000 Réunionnais inscrits sur les listes de logements sociaux en location, c’est toujours l’attente…en dépit des progrès faits dans l’acquisition de terrains. Ce qui reste à faire ? Changer les règles du financement.
Les pouvoirs publics, les collectivités fondent leur politique d’aménagement et d’habitat sur un scénario de l’INSEE qui prévoit 940.000 habitants à La Réunion en 2020 – ce qui nécessite de construire de l’ordre de 170.000 logements dans la période 2000-2020, pour loger environ 350.000 ménages.
Le rythme de construction établi il y a déjà au moins 5 ans devait être de 9 000 logements par an – dont 50% de logement social, tous types confondus : en locatif (LLTS, LLS, PLS) ou en accession à la propriété (LES, PTZ ou PSLA). Or seulement 15% de ces besoins ont été satisfaits ces dernières années.
Dans les réponses apportées, les dispositifs d’accession à la propriété, sans être négligeables, restent très marginaux. En grande partie par manque de foncier aménagé compatible avec les montages financiers de ces dispositifs. Bourbon-Bois par exemple, qui a un procédé constructif intéressant et adapté à ces produits, rencontre le plus souvent des difficultés à le promouvoir, en raison du prix du foncier.
Dans le contrat d’objectif foncier signé l’an dernier par Saint-Benoît pour 2008-2013, les constructions sur prêts à taux zéro (PTZ) représentent moins de 10% des 640 logements à construire chaque année, tandis que les logements évolutifs sociaux (LES) constituent 15% de l’ensemble. Le programme local de l’habitat (PLH) établi par la CIREST en 2004 porte sur 3 200 logements sur 5 ans – aidés pour 53,6% d’entre eux – sur la seule commune de Saint-Benoît. Son semblable à la TCO (PLH 2004) comprend 3 000 logements par an, dont la moitié de logements aidés répartis sur 43 quartiers, dans les 5 communes.
Ainsi, le battage publicitaire fait autour du soutien au logement des classes moyennes est très largement surévalué par rapport à la réalité des faits. Et ceci, même si tout le monde donne la main et s’il faut sans doute continuer à le faire… Un dispositif d’accession à la propriété fait d’ailleurs partie (pour 2 millions d’euros sur la durée 2009-2013) de la convention signée en mars dernier entre le Conseil général et l’Etablissement public foncier (EPFR). L’autre mesure importante de cette convention est un dispositif de minoration foncière, pour baisser de 40% le prix des terrains destinés aux logements sociaux.
L’EPFR, auquel adhèrent aujourd’hui les 24 communes, est au cœur de ce dispositif. Il a fait, depuis 2005, 146 acquisitions, à hauteur de 48 millions d’euros, pour un total de 183 ha dont la moitié (± 90 hectares) est destinée à du logement social. Avec un budget de 100 millions d’euros pour les cinq ans à venir, cet établissement public a aujourd’hui une certaine latitude d’action.
Compte tenu des caractéristiques sociales et démographiques de l’île, ce n’est qu’en mettant le turbo à la construction du locatif social que les politiques d’habitat peuvent espérer répondre à l’attente la plus massive.
Or, force est de constater que le gouvernement tarde à prendre les décrets d’applications de la LODEOM sur les points relatifs au financement de la construction sociale… P. D
Qu’est-ce qui peut faire bouger Bercy ?
Pour construire au rythme du pays, les promoteurs sociaux ont besoin d’une défiscalisation du logement social “opérationnelle et sécurisée”, avec des délais raccourcis pour l’obtention des agréments. Depuis 2007, 11 agréments préalables de défiscalisation ont été obtenus, pour 790 logements (LLS) et autour de 50 dossiers sont en cours d’instruction. Ces délais d’instruction durent de 9 à 17 mois – ce qui ne peut pas permettre d’atteindre les 5000 constructions aidées annuelles attendues. Les améliorations sont, pour les unes, d’ordre législatif et pour les autres, réglementaires et fiscales et dépendent de Bercy.
Les promoteurs sociaux ont besoin de tous – parlementaires et collectivités – pour obtenir que soit corrigé d’urgence le décret d’application de la LODEOM (soumis pour avis aux collectivités).
Ils proposent de le modifier sur cinq points essentiels : une gestion “déconcentrée et synchrone” pour des délais ramenés à 2-3 mois ; une base éligible identique pour la LBU et pour la défiscalisation ; une exonération fiscale de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) sur 25 ans pour les LS “portés temporairement par un véhicule fiscal” ; la parution de textes “inscrivant dans le droit positif” les dispositifs retenus et enfin une révision législative réduisant la durée du portage fiscal. •
Tout marériau jugé intéressant peut être repris, avec la mention du site d'origine et un lien actif vers celui-ci: http://www.liberasyon.re création du site: web-el-design
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