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Mag'01

Publication régionale : MAG’ 01

Du bruit… et rien d’autre

Cette période de rentrée scolaire voit l’arrivée du premier numéro de la nouvelle mouture de la publication régionale, rebaptisée Mag’. 48 pages en couleur : dans l’apparence, rien de nouveau. En revanche, dès que le lecteur entre un peu dans le contenu, l’appauvrissement et la mise au ralenti de la collectivité sautent aux yeux.

Avant même de comparer avec un numéro précédent, la structure de ce premier numéro est très parlante. Il paraît près de 6 mois après les élections et garde encore l’empreinte de la rhétorique électorale (bon nombre d’articles sont au futur, par exemple, alors que les élus sont censés voter des décisions depuis plusieurs mois). Les vingt premières pages – presque la moitié de la revue – sont employées à un “trombinoscope” qui garde, lui aussi, un air de campagne électorale. Présenter les élus : cela pouvait encore se concevoir dans un numéro paru en avril-mai : arrivant au mois d’août-septembre, cela semble surtout destiné à du vain remplissage. La partie du sommaire traitant de «votre région en actions» (8 pages… sur 48 !) est elle aussi très programmatique, lorsqu’elle n’est pas simplement… publicitaire  – sur l’apprentissage… comme par hasard : comment donner le sentiment qu’on s’intéresse aux jeunes sans rien en dire ! Quant au programme… il reste à venir : la route littorale ? la culture ? le haut débit ? Tout cela est traité dans des articles squelettiques, contenant parfois de franches contre-vérités, ou des mensonges par omission. On nous fait le tour de force de parler du « haut débit… plus rapide pour tous » sans mentionner une seule fois la mise en œuvre du réseau Gazelle, dont les premiers marchés ont été passés depuis au moins trois ans – avec des effets concurrentiels très tôt perceptibles sur l’ensemble du secteur. Sur la route littorale, on nous gratifie d’un « historique » de 11 lignes (par une de plus… pour plus de 40 ans de cafouillages), en passant sous silence le fait que la solution digue en mer a été retenue par les experts et validée par la collectivité depuis quatre ans  (août 2006) ! La seule action un peu concrète présentée de façon informative – à côté, le dispositif de continuité territoriale ou les mesures étudiantes ont la forme d’une pub… – est celle portant sur la signature du Memorandum pour les RUP… préparée par la précédente mandature. Sur ce plan, Didier Robert reprend sans vergogne à son compte le concept d’« Ultrapériphérie » mis en œuvre par Paul Vergès depuis 1979… et il ose dire que s’est tenu à Bruxelles en mai dernier « le premier forum de l’ultrapériphérie », un peu comme s’il en était l’initiateur. Oser afficher un tel mépris pour la mémoire politique de ses lecteurs, cela s’appelle ni plus ni moins : prendre les Réunionnais pour des imbéciles. La présentation du POP (Plan ordinateur portable) a lui aussi un air de “pub” tout à fait indécent dans le cadre d’une action de collectivité : « Comment récupérer les bons d’achat d’une valeur de 500 € ? Où obtenir son ordinateur portable ? ». Et pourquoi pas « Qui veut gagner des millions ? » pendant qu’on y est ?

Impossible de finir la lecture de ce numéro sans mentionner les deux pages finales de photos en « Hommage aux bâtisseurs » : destinées à faire passer Didier Robert pour le réalisateur de la route des Tamarins… elles occultent totalement

les travailleurs de la route ! Il n’y en a que pour les notables, les chefs de services… et la classique “photo alibi” des « habitants du Carosse » : il fallait bien mettre une petite touche de noir quelque part… tout de même ! Tout ceci pour finir sur ce qui ne manquera pas de choquer l’opinion : derrière des belles phrases et les citations creuses du président, la population réunionnaise a disparu de la publication régionale, à l’exception de ses “pub”. Tout un symbole…

 

 

 

 

 

 

 

 

La seule comparaison de deux sommaires montre l’appauvrissement de l’action de la collectivité. A droite, celui du numéro d’avril-mai-juin 2007, un numéro important parce qu’il fait le point à mi-course de la mandature 2004-2010. A gauche, un numéro lui aussi important puisque c’est le premier de la mandature actuelle… et c’est du flan !

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l'un des cinq héros cubains mis en danger

 

Médiamensonges et terrorisme

L’un des cinq héros cubains est mis en danger

 

1er août 2010 – Pour la troisième fois depuis son incarcération, le cubain Gerardo Hernandez Nordelo – l’un des cinq antiterroristes emprisonnés aux Etats-Unis – a été mis, depuis le 21 juillet, en cellule de confinement (appelée “la caja”, la caisse, à cause de sa dimension étroite). Ni l’administration carcérale, ni le Département d’Etat n’ont avancé d’explication, malgré les demandes répétées des autorités cubaines. Cette réclusion aggravée survient alors que se prépare le procès en appel des « Cinq », a révélé mercredi à La Havane Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale de Cuba. La nouvelle violation du droit que représente cette mesure d’isolement, et le danger qu’elle fait courir au prisonnier, dont la santé s’est affaiblie ces derniers mois, soulève une vague d’indignation et de protestation en France et au-delà.

Depuis les débuts du procès injuste fait à cinq Cubains antiterroristes, à chaque procédure de recours entamée par leurs avocats – parmi lesquels, une fille de l’ancien président Carter – répondent des mesures de coercition sans motif vérifiable. « En ce moment, il (G. Nordelo – Ndlr) devrait être en train de préparer, avec ses avocats, l´argumentation de sa demande d´habeas corpus et le gouvernement nord-américain le sait très bien », a précisé le président du parlement cubain. « Pourtant, il ne peut ni contacter ses avocats, ni avoir aucun type de courrier, ni même de conversations téléphoniques et, en plus, sa santé est en danger. Le gouvernement des États-Unis est pleinement responsable de la situation ».

« Il s’agit d’une nouvelle manœuvre du Parquet nord-américain – la décision n’émane pas des autorités de la prison » relève l’association France-Cuba, qui dénonce « une atteinte scandaleuse et intolérable aux droits de la défense et au droit de Gerardo à une justice impartiale ».

*          *          *

Il faut se reporter une quinzaine d’années en arrière, quand après 1995, la République de Cuba a fait le choix d’une politique touristique offensive pour assurer son développement après la fin du soutien soviétique et pour contourner les effets du blocus américain. Un choix insupportable pour les ennemis de Cuba, qui ont multiplié les attentats. Ceux de 1997 ont été perpétrés par Luis Posada Carriles, déjà auteur, en 1976, de l’explosion en plein vol d’un avion de la Cubana de aviacion qui a causé la mort de tous les passagers et de l’équipage. De 1959 à 1997, la liste des attentats n’a cessé de s’allonger (voir ci-dessous), tels ceux commis contre différents hôtels de la Havane pendant un Festival mondial de la Jeunesse et toutes sortes d’attaques contre des infrastructures cubaines. Plus de 600 tentatives d’assassinat ont été fomentées contre Fidel Castro. Un journaliste du Monde diplomatique a enquêté sur les milieux contre révolutionnaires cubains de Miami. Dans l’essai collectif Washington contre Cuba, un demi siècle de terrorisme (éd° Le Temps des Cerises, 2005), il raconte sa rencontre avec Andrés Nazario Sargén, fondateur en 1962 du groupe Alpha 66 : « Au milieu de la salle, posée sur une grande table, trônait une immense carte en relief de Cuba, elle devait faire environ six mètres sur trois. Partout, en particulier sur les zones côtières, de petits drapeaux de couleurs différentes étaient plantés. “C’est pour distinguer la nature de l’opération : sabotage, attaque contre des caserne, destruction de centres de production, liquidation d’agents castristes, etc. ” Les drapeaux étaient si nombreux que par comparaison, le débarquement en Normandie du 6 juin 1944 ressemblait à un pique-nique. » (voir “ Miami, nid de terroristes ”)

Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Antonio Guerrero Rodríguez, Fernando González Llort et René González Sehweret, « Les Cinq », sont des agents de l’Intelligence cubaine qui ont tout quitté pour infiltrer en Floride les organisations de tueurs (Omega 7, Alpha 66, Brothers to the Rescue, les sbires d’Orlando Bosch ou de Luis Posada Carriles…) qui complotent depuis cinquante ans contre leur pays. Ces agressions ont fait plus de 3000 morts, les auteurs sont fichés par les services américains eux-mêmes comme terroristes… et libres d’agresser Cuba depuis les Etats-Unis sans qu’aucun des grands médias si jaloux des droits de l’homme s’en émeuve jamais. Après les attentas de 1997 orchestrés par Luis Posada Carriles depuis le Salvador, cinq jeunes Cubains ont été envoyés pour infiltrer ces mouvements et apporter les preuves de leurs menées terroristes. Ils ont réussi à déjouer près de cent soixante dix (170) attentats contre Cuba, en alertant à temps les autorités de La Havane. En juin 1998, le FBI – informé par le gouvernement cubain de l’existence d’une importante documentation sur les agissements de 40 de ces fascistes – envoya une délégation à La Havane et reçut un dossier exhaustif, complété aujourd’hui par des documents déclassifiés. Et au lieu de s’en prendre aux criminels, le FBI pista les informateurs, arrêta les Cinq en septembre 1998 et orchestra une parodie de procès, dont le premier acte (2001) eut lieu après trois ans d’incarcération au secret. Vingt-six chefs d’accusation ont été retenus contre eux, dont 24 sont des délits techniques, d’importance mineure et deux retiennent le chef de « conspiration en vue d’espionner».  D’anciens hauts gradés de l’armée et des services de sécurité ont témoigné lors du procès, montrant que le rôle des accusés n’était pas de recueillir des informations militaires ou secrètes, mettant en danger la sécurité des Etats-Unis, mais de « savoir si réellement nous étions en train de préparer une action contre eux » a déclaré un instructeur au Collège de Renseignement des Etats-Unis. Le jury n’en a tenu aucun compte (voir l’encadré).

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Cette affaire est une épine dans le pied du gouvernement américain parce qu’elle révèle 1– la grande impunité dont jouissent les groupuscules terroristes anti cubains qui opèrent depuis la Floride ; 2– et que la lutte contre le terrorisme n’est pas une priorité du gouvernement américain, malgré toutes les déclarations, à grand renfort médiatique, qui affirment le contraire. «…soutenir que Cuba est un Etat terroriste affecte notre crédibilité là où nous en avons le plus besoin, c’est-à-dire dans la lutte contre les vrais terroristes » écrivait dans un éditorial du Boston Sentinel, en 2003, le diplomate américain et professeur d’université Wayne Smith, ex-responsable de la section des Intérêts Nord Américains à La Havane, de 1979 à 1982, sous la présidence de Jimmy Carter.

Le 19 novembre 2009 s’est tenu à Holguín (Cuba) le Colloque international Libertad a la verdad (Liberté pour la Vérité), auquel ont répondu 184 délégués représentant 42 pays. La France y était représentée par Mgr Jacques Gaillot, évêque de Partenia. Le propos de cette rencontre était de renforcer les efforts de la communauté internationale en faveur de la libération des cinq Cubains incarcérés depuis plus de onze ans dans les prisons nord-américaines.

Plus récemment, l’auteur-compositeur et chanteur cubain Silvio Rodriguez, en tournée aux Etats-Unis, a déclaré le 21 juillet que les Cinq de Miami sont pour le peuple cubain « des héros [qui] devraient être libres ». Sa déclaration a été complètement dénaturée par une journaliste de CNN, dont la manipulation est décortiquée dans une vidéo. « Les cinq Cubains enfermés dans des prisons aux Etats-Unis (…) ne seraient plus incarcérés aujourd’hui si CNN et les grands médias internationaux leur avaient accordé ne serait-ce qu’une part infime de l’espace d’information qu’ils ont offert chaque jour aux mercenaires et collaborateurs cubains de l’Empire et si, comme pour ces derniers, ils leur avaient reconnus le statut (…) de “ prisonniers politiques ” » conclut la vidéo.

L’attitude des pouvoirs états-uniens tranche, et pas à leur avantage, avec celle des autorités cubaines, qui ont décidé au début du mois de juillet de libérer dans les prochains mois 52 prisonniers politiques jugés en 2003, dont cinq immédiatement. Cet élargissement est le résultat des contacts établis par le gouvernement cubain avec l’archevêque de La Havane, Jaime Ortega, et le président de la Conférence des Evêques catholiques de Cuba, Dionisio Garcia Ibáñez. (synthèse PD)

 

Terrorisme international et sabotage économique

Les documents officiels des États-Unis désormais déclassifiés montrent qu’entre octobre 1960 et avril 1961, la CIA a introduit à Cuba 75 tonnes d’explosifs lors de 30 missions aériennes clandestines, et 45 tonnes d’armes et d’explosifs lors de 31 infiltrations maritimes. La CIA a réalisé durant cette courte période de 7 mois 110 attentats à la dynamite, a placé 200 bombes, a fait dérailler 6 trains, a brûlé 150 usines et a déclenché 800 incendies dans des plantations.

Entre 1959 et 1997, les États-Unis ont réalisé 5780 actions terroristes contre Cuba. 804 sont des actes terroristes d’envergure, dont 78 bombardements contre la population provoquant des milliers de victimes.

Les attentats terroristes contre Cuba ont coûté la vie à 3478 Cubains et ont paralysé à vie 2099 personnes. Entre 1959 et 2003, il y a eu 61 séquestrations d’avions et de bateaux. Entre 1961 et 1996, 58 attaques à partir d’embarcations maritimes ont touché 67 objectifs économiques et la population.

La CIA a dirigé et soutenu 299 groupes paramilitaires constitués de 4000 individus. Ils sont responsables de 549 assassinats et ont fait des milliers de blessés.

En 1971, l’agression biologique a causé la destruction d’un demi million de porcs. En 1981, l’introduction de la dengue hémorragique a fait 344 203 victimes, 158 décès dont 101 enfants. Le 6 juillet 1982, 11 400 personnes ont été touchées en un seul jour.

La grande majorité de ces agressions étaient préparées en Floride par l’extrême droite d’origine cubaine organisée et financée par la CIA. www.voltairenet.org

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interview Sarkozy par Pujadas

 

Interview de Sarkozy : « Une honte pour l’information de service public »

 

Le SNJ-CGT de France Télévisions exige « un débat pluraliste »

 

13 juillet 2010, Paris — L'interview lundi soir de Nicolas Sarkozy par David Pujadas sur France 2 est « une honte pour l'information de service public », a affirmé mardi le SNJ-CGT de France Télévisions qui exige l'organisation d'« un débat pluraliste en prime time sur les retraites ».

Cette émission « a été une heure de communication sans opposition avec un journaliste KO debout face au président, un journaliste complaisant, incompétent sur les dossiers traités, notamment sur les retraites, et laissant Nicolas Sarkozy avancer des contre-vérités », a déclaré à l'AFP Jean-François Téaldi, secrétaire général du SNJ-CGT du groupe public.

« Après ce type d'émission comment peut-on s'étonner de l'érosion de l'audience de nos journaux télévisés dans la mesure où ce qu'on montre est en décalage total avec ce que pensent les téléspectateurs, en décalage total avec la réalité du pays ? », s'interroge-t-il.

Le SNJ-CGT de France Télévisions exige « un débat pluraliste en prime time sur les retraites dès la rentrée, aux alentours de la manifestation intersyndicale du 7 septembre ». Il demande aux téléspectateurs de « s'exprimer auprès de la direction du groupe pour exiger ce débat ». (avec l’AFP)

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solidarité avec les journalistes iraniens

Solidarité avec les journalistes iraniens

 

27 juin 2010 –
 Cette semaine marque le premier anniversaire de la répression brutale de la liberté de la presse par le régime iranien. Le bureau de l’Association des journalistes iraniens est toujours sous scellé et 40 collègues sont détenus. L’Association ne peut plus fonctionner alors que des dizaines de journalistes ont été forcés de prendre le chemin de l’exil.

Lors du récent congrès de la FIJ à Cadiz, le président de l’Association des journalistes iraniens a été chaleureusement applaudi quand il a décrit le courage et la détermination des collègues en Iran dans la lutte pour leurs droits.

Le coût humanitaire de cette tragédie pour le journalisme et la formation d’associations libres est énorme. C’est pourquoi la FIJ appelle tous ses affiliés à témoigner leur solidarité à travers leur donation au profit d’un fonds spécial, le Free Iranian Journalism Appeal. Ce dernier permettra d’octroyer une assistance d’urgence aux journalistes et à leurs familles, victimes de cette crise.

Vous pouvez aussi contribuer à cette lutte de manière simple mais efficace.

La Fédération internationale des journalistes s’est engagée à payer immédiatement 5.000 € du Fonds de solidarité pour lancer l’appel et maintenant. Elle sollicite la contribution de chacun.

Veuillez envoyer vos donations au : Fonds de Solidarité de la FIJ (Merci de préciser : appel pour l’Iran) a/c BE64 2100 7857 0052 Swift Code : GEBABEBB Fortis Bank, Rond Point Schuman 10, 1040 Brussels.

Communiqué du SNJ-CGT, Jean-Gérard Cailleaux.

 

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RFO ou l'art et la manière de passer à côté des questions sans les voir

Médias et décervelage

RFO, « Tout sauf Vergès » …et ce qu’il en coûte au pays

C’est avec les jeunes imbéciles qu’on fait les vieux cons – Jean Ferrat

« Comment faire du bruit, de l’agitation politicienne, sans éveiller les consciences ? » ou encore « comment évoquer un problème sans en donner les termes principaux ? » C’est un peu l’exercice auquel s’est prêté Télé-Réunion (RFzéro) lundi 5 juillet à propos des résultats du Bac et de leur marchandisation par des sociétés privées. Au lieu de se documenter, comme le font les journalistes un peu sérieux, et de replacer le problème dans une perspective historique – même si « l’Histoire » n’a que quelques années (c’est celle d’une directive européenne, sur la marchandisation des services, et de ses avatars nationaux) –, RFzéro a choisi de « faire du buzz » (bruit, brouhaha) avec un sujet qui touche des dizaines de milliers de familles réunionnaises, dans une opération politicienne de bas étage destinée une fois de plus à boucher les yeux des Réunionnais. Comment ? En faisant, en prévision des échéances électorales futures, la promotion d’Europe écologie – un mouvement européen qui fait semblant de combattre les Libéraux mais qui, sur l’essentiel, les laisse faire.

Et qui Télé-Réunion va-t-elle interroger ? Une écervelée du front poujadiste « Tout sauf Vergès » qui n’a, pour tout élément d’information à donner à la jeunesse, que cette formule dont on peut admirer la précision : « Il y a anguille sous roche… » Sans blague ! Ceux qui veulent creuser un peu la question peuvent déjà commencer par la lecture de deux articles parus le 6 et le 19 juillet 2007 dans Témoignages :

Les candidats otages des sociétés privées (6 juillet 2007) : http://www.temoignages.re/les-candidats-otages-des-societes,23263.html

Les résultats des examens sont-ils une marchandise (19 juillet 2007) ? http://www.temoignages.re/a-qui-appartiennent-les-resultats,23517.html

 

« Tout sauf Vergès » =  « Plutôt Hitler que le Front populaire » ?

Et à la lumière des décisions politiques prises depuis deux mois par le bénéficiaire du front « Tout sauf Vergès » et de leurs conséquences économiques et sociales désastreuses dans le pays, il faut se demander : à quoi a servi cette coalition de la petite bourgeoisie consumériste ? Quels intérêts tirent profit de la casse des grands chantiers ? On n’a pas entendu Europe Ecologie se prononcer sur ce sujet…

Il est toujours assez malaisé de comparer des situations politiques et sociales en des pays et des époques différentes, mais le slogan « Tout sauf Vergès », tel qu’il a fonctionné chez nous, fait immanquablement penser à un autre cri des petites bourgeoisies nationales devenu sinistrement célèbre : « Plutôt Hitler que le Front populaire ! » disaient-elles dans les années 20-30 au siècle dernier. La suite, tout le monde la connaît… Ceci pour rappeler qu’aucune décision politique n’est innocente et que le devoir des médias est d’éclairer les choix politiques des uns et des autres, au lieu de faire campagne sur l’âge du capitaine en donnant dans un jeunisme bêtifiant. Le « jeunisme » – cette rentable dictature ! – n’a rien à voir avec la préparation des relèves : c’est un argument de consommation, un outil idéologique, parasite des logiques de renouvellement d’une société : à l’inverse de ce qu’il affiche, il sert toujours les pouvoirs en place. Encore faut-il se poser les vraies questions : qui détient véritablement le pouvoir à La Réunion?

Télé-Réunion (comme d’autres médias) est un instrument de ce parasitisme-là, qui comme tout phénomène idéologique, n’épargne a priori aucune composante de la société, même celles qui n’en tirent aucun bénéfice. La vigilance, une lucidité élémentaire nous commandent aussi de voir que, quand un phénomène (gardons le jeunisme en exemple, puisqu’il était l’argument-phare du front « Tout sauf Vergès », déplacé aujourd’hui vers Air Austral)… quand un phénomène, donc, s’étend à l’ensemble d’une société donnée – à ses classes dirigeantes mais aussi à leurs opposants – il devient plus difficile, pour les opposants, de le combattre chez l’adversaire s’ils ont eux-mêmes accepté de prêter le flanc et de se faire l’instrument d’une diversion « jeuniste », comme le PCR en a malheureusement donné l’exemple en 2008 (dans son journal). Comment échapper à l’effet boomerang de ce que l’on a soi-même promu ?

A ceux que l’argument jeuniste a fait dévier d’un vote progressiste en mars 2010, il faut rappeler quelques vérités élémentaires de la société réunionnaise : 73.000 jeunes de 19 à 34 ans sont à la recherche d’un emploi (59.000) ou veulent en changer (14.000) ; 15% des RMIstes ont un Bac+2 à Bac+4 et malgré leurs efforts, ne trouvent pas à s’intégrer dans le monde du travail. Comment ne pas voir qu’il y a une supercherie géante à faire croire que la mise à l’écart d’une seule personne, stigmatisée pour son grand âge, suffira à donner du travail aux dizaines de milliers de jeunes qui en cherche ?

Car depuis deux mois, qu’observe-t-on ? Sans surprise : exactement l’inverse de l’effet annoncé : le « Tout sauf Vergès » a éloigné de la Région quelqu’un qui avait programmé des travaux pour une valeur de plus de 3 milliards d’euros… et les milliers d’emplois correspondants. A cause de la suppression des chantiers, le chômage a fait un bond et comme le montre les chiffres ci-dessus, la proportion des jeunes y est monstrueuse. Le niveau des investissements dans le pays a chuté de moitié depuis un an. A cause de la suppression des chantiers, de nombreux jeunes ont dû renoncer à la formation qui devait les conduire à un emploi pérenne. Mais gageons que RFzéro va continuer de boucher les yeux des jeunes en faisant la promotion d’une distribution démagogique d’ordinateurs aux lycéens. On peut donc dire que la jeunesse est la première victime du du front jeuniste du « Tout sauf Vergès ». Aussi, à l’avenir, à chaque fois que RFzéro fera la promotion d’un(e) jeune politicien(e), il faudra d’abord commencer par se demander : « Qu’est-ce que cette personne a fait pour le pays ? Qu’est-ce qui lui vaut sa promotion médiatique ? » avant de se jeter sur le premier venu comme des insectes aveuglés par une lumière artificielle. P. David

 

 

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