végétaux
Document sans titre
forum
texte
Page : 1 2
Questions sur une monographie

 

 

L’Histoire selon Alexis Miranville

Questions sur une monographie

 

En cherchant à établir des liens avec d’autres blogs ou sites réunionnais, celui d’un citoyen Saint-Paulois (Idées et réalités) invite à la lecture d’une étude, par Alexis Miranville, sur « Un tailleur de pierre réputé à Saint-Paul au XIXe siècle ». Ce qui suit est la lecture critique d’un article constitutif d’un positionnement révisionniste, en ce qui concerne l’esclavage à La Réunion.

Qui est Alexis Miranville ? D’après ce qu’il dit lui-même, lorsqu’il décline sa citoyenneté (Débat sur l’identité nationale, à Saint-Paul, 8 décembre 2009) : depuis 40 ans, un professeur et un parent d’élèves. Autrement dit quelqu’un qui se déclare pédagogue, au premier chef. Est-ce un historien ? Trop rares sont les écrits qui permettraient d’en juger… C’est aussi ce qui incline à la lecture de son texte sur un « esclave à talent », devenu un affranchi, un artisan tailleur de pierre « qui datait et signait ses réalisations ».

Replaçons d’abord les faits dans leur contexte : A la faveur de travaux du Plan de réaménagement urbain, une équipe d’ouvriers met au jour, à Saint-Paul, berceau du peuplement de La Réunion, des vestiges comportant une structure en pierre taillée. Une procédure de protection du site a été activée par la mairie, son service culturel et la DRAC et, en accord avec les responsables des travaux, la décision des autorités a été de reporter à plus tard d’éventuelles fouilles archéologiques : le site a été sécurisé pendant la durée des travaux, des relevés métriques ont été faits. Il faudra créer les conditions de l’ouverture d’un futur chantier archéologique en plein centre-ville. De cette première étape, il ressort que rien de sûr ne peut être dit de cette découverte… Ce qui n’empêche pas les imaginations de s’activer : c’est ce que livre le blog saint-paulois.

Aucun fait de recherche historique ne vient corroborer le lien entre les vestiges mis au jour (puis recouverts) et l’existence du tailleur de pierre, cible de la curiosité de MM. Lebon et Miranville. La monographie sur Elie Eudor, nous dit ce dernier, a été commencée en 2003. A-t-elle été rendue publique avant 2010 ? L’auteur ne donne pas d’indication. Prosaïquement, il semble que la découverte archéologique lui ait donné une opportunité de faire connaître des travaux dont tout indique par ailleurs qu’ils ne sont pas terminés. C’est un premier point sujet à discussion.

Les curieux peuvent se reporter à la monographie signalée plus haut, pour plus de détails. Les questions soulevées ici se limitent à l’approche de l’auteur et à une méthodologie :

– Est-ce qu’il ne faudrait pas commencer par établir avec plus de certitude (plus d’indices, plus de recherches généalogiques) le nom dudit tailleur de pierre ? M. Miranville évoque « un Saint-Paulois au talent reconnu ? » : reconnu par qui ? en quelle occasion? pour quels travaux ? commandés par qui ? M. Miranville applique au déchiffrement des gravures une logique de scribe, mais il ne tient pas compte des transformations inscrites dans le passage de l’oral à l’écrit (du nom prononcé au nom écrit) ou encore de la prise de conscience d’elle-même par une personne récemment affranchie.

M. Miranville établit des corrélations intuitives, mais dépourvues d’assises. Qu’est-ce qui prouve que l’esclave de cure âgé de 10 ans à la mort du père Davelu (1815) et le tailleur de pierre des années 1849 à 1853, sont la même personne ? Sur quels faits repose son interprétation donnée à l’existence de la pierre tombale de 1850 ? Qu’est-ce qui permet de déduire que les pierres gravées de la rue Lenormand et du quai Gilbert sont « une piste de recherche pour la datation de l’ouvrage découvert rue Lenormand » ? A ces questions, les éléments communiqués n’apportent pas de réponse : ils constituent quelques-unes des pièces d’un puzzle dont le sens général n’est pas apparent.

– Concernant le sens de cette monographie : l’auteur s’intéresse à un « esclave à talent », mais que sait-on réellement sur lui ? En quoi est-il un personnage significatif à son époque ? Quelles relations entretenait-il avec les autres esclaves maçons ? A-t-il été affranchi en 1848 ou avant ? A quel âge ? Tous ces éléments manquent. Si l’auteur détient des indices mieux étayés, qu’il les publie… On peut comprendre la fascination d’un lettré du 20e-21e siècle pour de rares et incertaines traces écrites (gravées) contemporaines de l’abolition de l’esclavage, mais il faut admettre qu’en l’état, elles ne nous apprennent pas grand chose.

Une approche révisionniste de l’esclavage

En revanche, elles renseignent beaucoup sur le positionnement de l’auteur devant l’Histoire : libre à lui de s’intéresser à l’esclavage par le biais de monographies individuelles, ou de donner la priorité aux esclaves à talent plutôt qu’au système esclavagiste dans son ensemble et dans sa durée (environ 170 ans). Mais ces choix indiquent une démarche intellectuelle focalisée sur des curiosités constitutives d’une fresque de chroniques très événementielles : un temps T, un morceau de territoire. Ces fragments sont utiles, autant qu’ils appellent une mise en perspective, dont son discours est dépourvu. A la place : une hypertrophie idéologique : des intuitions non corroborées, des suggestions sans preuve, un foisonnement d’interprétations qui relèvent plus de l’imagination romanesque que de la construction historique.

Ce qui laisse perplexe, de la part d’un pédagogue, c’est que ces œuvres de l’imagination sont présentées comme étant « un éclairage historique », même lorsque les connaissances historiques les plus basiques font défaut : ce fut le cas dans le Débat sur l’identité nationale, déjà évoqué. Alexis Miranville y fait démarrer « les flux migratoires », en France, à la fin du XIXe siècle. Comme si Jules César n’avait jamais commenté La Guerre des Gaules ! (Un condensé des flux migratoires de l’époque, dans cette partie du continent). Le discours développé sur « l’identité » – dont on nous dit qu’il « précise sa pensée » sur le sujet – est un compromis entre la doxa bien pensante [« Dans identité, il y a identique », « un pas doit être fait de part et d’autre, l’accueillant et l’accueilli » etc., etc.] et une pratique de collecteur d’événementiels, que quelques lieux communs (« Il nous faut arriver à une Histoire partagée, à une Histoire apaisée ») dispensent de la nécessaire discussion sur ses fondements épistémologiques. Et qu’entend-il par « histoire apaisée » ?  C’est, dit-il, « veiller par exemple à ce que les élèves n’attribuent pas aux seuls Européens les horreurs de l’esclavage » ! Dans le contexte où s’exprime ce RÉVISIONNISME, qu’est-ce que ces propos tenus sur l’esclavage – pire, sur l’enseignement de l’esclavage ! – ont encore à voir avec une démarche historique ?

C’est ce RÉVISIONNISME, d’autant plus dangereux qu’il façonne les enfants – et indirectement leurs familles, si elles n’ont pas les outils critiques pour se défendre – que l’équipe de la M.C.U.R a reconnu avoir sous-estimé dans son pouvoir de nuisance contre le projet de centre culturel et centre de recherche historique.

Cette nuisance s’opère à deux niveaux. D’une part dans le contenu révisionniste du discours tenu sur l’esclavage. Le révisionnisme se lit dans la distorsion du contexte historique réunionnais : l’esclavage n’est pas appréhendé comme le système présidant au peuplement d’une COLONIE EUROPÉENNE, mais comme une nébuleuse transhistorique dont les acteurs et les facteurs seraient interchangeables, d’un pays ou d’une époque à l’autre ! Autre distorsion révisionniste : pourquoi M. Miranville s’intéresse-t-il aux « esclaves à talents » plutôt qu’aux Noirs de pioche ou aux esclaves des habitations (quant aux marrons, il ne veut pas en entendre parler…) ? Parce que, dit-il, ils sont « l’illustration de la diversité des situations de servitude et des relations maîtres-esclaves à La Réunion. » Cette façon de présenter les choses, en passant sous silence les déterminants historiques et économiques qui expliquent l’émergence de ce sous-groupe, puis en généralisant des situations d’exception, constitue une grave distorsion historique, doublée d’anachronisme : en somme, M. Miranville retient du système esclavagiste ce qui lui permet de valoriser une « élite » – dont la formation n’est pas expliquée – dans l’occultation générale du reste du système. Cette distorsion a une fonction idéologique, à l’adresse de la société présente, comme l’a parfaitement démontré la campagne menée contre la MCUR dans la dernière campagne électorale.

La seconde nuisance est dans l’affichage, dans le fait que ce révisionnisme est présenté comme un travail d’Historien : cela lui confère auprès d’une partie non négligeable de l’opinion, une aura certaine, bien qu’usurpée. C’est ainsi que certains médias ont pu dire – les uns par volonté manipulatrice, les autres par approximation ou inadvertance – que « des historiens » – dont celui dont il est question ici – s’opposaient au projet de Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise. On chercherait en vain dans la presse, durant la période considérée, une intervention d’Historien corroborant cette assertion. Mais une partie de l’opinion a pu le croire, et cela seul comptait… P. David

lire la suite de l'article fleche lien vers la suite
visite virtuelle sur You Tube

Maison des civilisations et de l’Unité Réunionnaise

Un projet culturel d’envergure pour porter la prise de conscience des richesses immatérielles qui constituent la société réunionnaise et pour préparer la prise de responsabilité des Réunionnais dans la conduite de leur Histoire et la construction d’un destin commun partagé.

mcur.png

 

Visite virtuelle d’un grand projet de centre culturel et muséal réunionnais, porté par la Région Réunion (jusqu’en mars 2010) puis par l’association « MCUR - Recherche, Culture, Action ».

 

 

lire la suite de l'article fleche lien vers la suite
Ceux qui se raidissent pout conserver le passé…

La M.C.U.R change de maître d’ouvrage

« Ceux qui se raidissent pour conserver le passé et ceux qui veulent ouvrir l’avenir » Paul Vergès, 17 avril 2010

« …Avant même que le Conseil régional ne se réunisse le 21 avril, pour concrétiser l’annonce qui a été faite de renoncer au projet, tous ceux qui ont participé aux études ont pris l’initiative de créer une association, avec cet objectif : La Région abandonne ce projet ? Nous Réunionnais, allons réaliser ce Centre culturel ! Le deuxième geste significatif est celui annoncé par le maire du Port (…), de mobiliser le foncier disponible (voir ci-dessous).

Dans le financement du projet, il y a une part du gouvernement (7%) et une part de l’Europe (17%), qui ont décidé d’appuyer le projet sur la base de son contenu et de son fonctionnement. La Région se désiste, mais l’argumentation et le dossier restent valables ! Ils ont reçu l’approbation des ministères, du gouvernement français et de l’Europe. Le défi des mairies de La Réunion est de dire : « Nous voulons faire le même équipement, avec le même contenu et le même objectif ! Et nous vous demandons de changer le responsable de la maîtrise d’ouvrage ». Que va faire la Région ? Elle a le droit de se désister, mais a-t-elle le droit de dire : « Non seulement je ne le fais pas, mais je refuse de laisser à d’autres la maîtrise d’ouvrage ! » Est-ce qu’une collectivité peut s’arroger un droit de tutelle sur une autre collectivité ? Est-ce que le gouvernement français et l’Europe vont eux aussi se contredire ? Nous sommes là au centre d’une bataille politique extrêmement importante.

La MCUR dans le débat sur l’identité nationale

(…) Qu’est-ce qui fait débat, actuellement, sur le plan national ? C’est « l’identité nationale », dans la perspective des débats de 2012. Et c’est l’élection présidentielle qui va trancher ce sur quoi s’affrontent aujourd’hui l’opposition et la majorité. La partie réunionnaise a son apport particulier dans ce débat, à travers le contenu même de la Maison des civilisations et de l’Unité réunionnaise. Le Premier Ministre actuel a même fait des déclarations extrêmement élogieuses, il y a moins de six mois, ici même à La Réunion. J’ai encore dans les oreilles les sons de la déclaration de M. François Fillon, qui a vu dans la Maison des Civilisations et de l’unité réunionnaise « un exemple pour La Réunion, pour la France et l’Europe… » et dans son élan il avait dit « …et même pour le monde » !

Par son initiative, le président du Conseil régional a introduit la MCUR dans le débat national : on ne peut pas rêver mieux ! Et ce débat qui est porté sur le plan national peut trouver sa réalisation active dans les 24 mois ! Le rendez-vous de 2012 peut se concrétiser à La Réunion par un débat entre deux camps : ceux qui se raidissent pour conserver le passé et ceux qui donnent la priorité à l’étude de l’histoire des éléments constitutifs de l’identité réunionnaise, pour ouvrir l’avenir. »

 

lire la suite de l'article fleche lien vers la suite
Tienbo, larg pa !

M.C.U.R

Tienbo, larg pa !

17 avril 2010 – Samedi, une réunion a eu lieu le matin au Kabardock du Port : une centaine de personnes ont réaffirmé leur volonté de faire aboutir le projet de Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise. L’après-midi, J-C. Carpanin Marimoutou, président de l’association « MCUR– Recherche, Culture, action » constituée le 6 avril, a réaffirmé, en présence de plusieurs élus, les objectifs de ce Musée du temps présent.

Après l’élection par traitrise d’une « majorité régionale » minoritaire dans le pays, l’hostilité de sa tête de liste UMP envers le projet de Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (M.C.U.R) a très vite conduit le nouveau président de Région à réaffirmer son intention d’enterrer le projet, en tant que projet régional. Mais très vite aussi, de nombreux acteurs de la vie culturelle de l’île sont entrés en dissidence et se sont mobilisés pour que vive cet outil mis au service de la Mémoire réunionnaise et de la valorisation de toutes les composantes culturelles qui ont fait, au cours de l’Histoire, la formation du peuple réunionnais. Ces acteurs avaient rendez-vous au Kabardock, samedi.

Une centaine de personnes – acteurs et militants culturels, militants politiques et élus municipaux – y ont redit leur attachement à cette structure innovante et réaffirmé leur volonté de porter plus loin le projet. J-C Carpanin Marimoutou est intervenu pour donner les détails de l’état d’avancement de la « Maison » et ses différentes composantes (voir “ les leçons d’un échec ”).

Paul Vergès est intervenu pour dire notamment que l’abandon du projet par la collectivité régionale ne signifiait pas la fin de la MCUR, mais son portage par une autre entité publique, un autre maître d’ouvrage. Le portage envisagé est celui d’un regroupement de communes – plusieurs formules ont été évoquées. Les représentants de plusieurs communes étaient présents lors de la rencontre et Jean-Yves Langenier, maire du Port, a fait le premier pas : la commune du Port, a-t-il dit, peut proposer deux terrains, à deux entrées différentes de la Ville.

Donc la MCUR n’est pas morte ! Le projet a été interrompu alors qu’il arrivait en phase ultime de réalisation, après que l’enquête publique a été validée. Les interventions lors du débat ont souligné qu’il n’était pas possible d’accepter que tout le travail déjà fait soit perdu. Les organisateurs de la rencontre ont tenu l’après-midi une conférence de presse.

 

 

Les leçons d’un échec

Le projet de Centre culturel et de Musée du Temps présent appelé « Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise » a souffert jusqu’aux Régionales de 2010, de deux handicaps différents, voire opposés, mais cumulés.

Le premier est une opposition frontale au contenu scientifique du projet, de la part d’une minorité dotée des moyens de manipuler l’opinion. Le contenu scientifique du projet – approuvé et soutenu par un large panel d’intellectuels d’horizons et d’origines divers –a été rendu public et est connu depuis environ cinq ans : il n’a soulevé aucun tollé dans le pays, bien au contraire ! Mais il a été sciemment occulté, en vue de détournement, par une élite qui a utilisé tous ses moyens pour présenter le Centre culturel et muséal sous un jour délibérément travesti : le fait de présenter ce travail collectif comme l’apanage d’une « famille », ou encore d’en mettre en exergue le coût – pourtant très raisonnable –, ont été les principaux “ arguments ” des adversaires de ce projet très novateur, salué comme tel par plusieurs personnalités du gouvernement français et du monde intellectuel et artistique. Il n’y a pas un seul des arguments utilisés qui ne puisse être mis en pièce… et qui ne l’ait été durant la récente campagne électorale.

Mais nous touchons-là au deuxième handicap : un déficit d’informations partagées avec une large majorité de la population a laissé celle-ci dans une trop grande ignorance de la réalité du projet et de ses objectifs, empêchant une appropriation plus profonde du concept et de sa mise en œuvre par ceux-là mêmes à qui cette structure est destinée : à savoir TOUS les Réunionnais. Bien qu’approuvée par les majorités successives qui ont porté Paul Vergès à la présidence de la Région, en 1998 et en 2004, la Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise n’a pas reçu de la population en général et de l’électorat en particulier, le soutien qu’elle méritait.

En écoutant Carpanin Marimoutou détailler tous les aspects du projet, au Kabardock, on ne pouvait s’empêcher de regretter qu’un tel exposé n’ait pas été fait plus tôt : dans un esprit de partage des orientations – voire même pour la constitution d’autant de groupes de soutien et de recherche que pouvaient en exiger la mise en œuvre des différents département, à un niveau « démocratique » et non « expert ». Cette mise en commun, si elle avait eu lieu, aurait ramené les critiques d’une poignée d’historiens à leur juste place, au lieu de les laisser passer aux yeux de l’opinion pour des “sentinelles de la mémoire”. Au lieu de noyer dans une mer démocratique ces représentants d’une caste « d’experts », le silence entretenu par l’équipe de la M.C.U.R a laissé le champ libre à un détournement du projet.

Un débat sur ces questions est souhaitable, parce qu’il conduit à remettre en cause un certain type de gestion et de conduite des projets. Un projet aussi démocratique que la M.C.U.R devait appeler un portage lui aussi plus largement démocratique. Il l’a été à un certain stade, qui s’est avéré très insuffisant devant la volonté de nuire des adversaires de la M.C.U.R. C’est une leçon dont il nous faudra tous tenir compte pour la suite.

lire la suite de l'article fleche lien vers la suite
l'esprit des ancêtres

Le Maloya patrimoine immatériel mondial

 

L’esprit des ancêtres

 

2 octobre 2009 – Le maloya a été inscrit au patrimoine mondial immatériel de l'Unesco par la Convention internationale de l’Unesco réunie mercredi à Abu Dhabi. Il fait partie d’une liste de 76 premiers éléments distingués, représentant 27 pays – parmi lesquels le tango d’Argentine, le Sanké mon du Mali et 22 éléments de la culture chinoise comprenant – avec la calligraphie, la sériculture ou les bateaux-dragons – l’opéra tibétain et plusieurs chants et danses des groupes minoritaires chinois.

 

 

Pour La Réunion, le dossier du maloya a été constitué quand le conservateur général du Patrimoine a informé le président de la Région Réunion de la procédure de l’UNESCO pour constituer des listes « représentatives du patrimoine immatériel mondial » et pour s’engager à la sauvegarde de ce patrimoine.

 

Il est porté depuis juin 2008 par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, dont le cœur de projet est la valorisation du patrimoine culturel vivant réunionnais. Elle l’a fait en étroite collaboration avec le Pôle Régional des Musiques Actuelles, qui œuvre aussi depuis plusieurs années à la collecte des musiques traditionnelles de l’île. Sa collection Takamba comprend les disques Gramoun Bébé et La famille Gado, ainsi que les enregistrements de Charlésia (chants des Chagos) et des chants rodriguais, “cousins” comme le dit le directeur du PRMA, de notre maloya dont les origines africaines et malgaches ont été décrites depuis le 18e siècle sous le terme « tchéga ».

 

Dans la poursuite de son projet de valorisation la MCUR a créé le titre de Zarboutan nout Kiltir, décerné à titre posthume au Rwa Kaf en 2004 et l’année suivante à Firmin Viry – qui enregistra en 1976 le premier disque de maloya (en public, à la fin du 5e congrès du parti communiste réunionnais) –, Gramoun Baba, Gramoun Bébé et Gramoun Lélé.

 

En octobre 2008, 23 artistes ont appuyé le dossier de candidature de La Réunion.

“ Maloya la pa nou la fé… ” Cette expression dit, parmi d’autres, la force de la résistance que les esclaves africains et malgaches ont opposée à l’entreprise d’anéantissement qui les a conduit sur nos rives. « Mourir une fois on le supporte, mourir deux fois est intolérable » dit un proverbe malgache. Le maloya, chant et danse, est arrivé jusqu’à nous porteur du désir collectif de ne pas laisser mourir une deuxième fois ceux que l’esclavage a niés dans leur être et dans leur culture.

 

De nos jours, le Musicannuaire du PRMA recenserait environ 300 troupes attachées à faire vivre un maloya qui a irrigué, depuis 1981 et la sortie du 20 décembre de sa clandestinité, quantité d’autres expressions musicales.

Enseigné depuis 1987 au Conservatoire national de Région (avec le séga), le maloya l’est aussi depuis janvier 2009 dans l’atelier permanent de musique réunionnaise, à la Cité de la Musique de la Villette.

 

lire la suite de l'article fleche lien vers la suite
Page : 1 2
PIED DE PAGE
footer

Tout marériau jugé intéressant peut être repris, avec la mention du site d'origine et un lien actif vers celui-ci: http://www.liberasyon.re

création du site: web-el-design

 

 

 

droite
     
  Recherche sur le site
par mot clé:
     
 

Contact:mail direct:
contact@liberasyon.re

Contact: formulaire

retrouvez nous également sur notre page Face Book:lire en liberté logo face book

recommander le site sur Face Book logo face book

lien vers flux rss

Pour être tenu au courant des nouveaux articles publiés, vous pouvez inscrire ci-dessous votre adresse mail: