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parents d'élèves en colère

Absentéisme enseignant

Des parents mobilisés

25 novembre 2010, Saint-Paul – Un début de mobilisation de parents d’élèves de l’école élémentaire Eugène Dayot, en ville de Saint-Paul, a rassemblé ce jeudi matin, entre 7h et 9h, une dizaine de parents qui ont manifesté devant l’école : ils protestent contre la lenteur de l’Académie dans le règlement d’un problème d’absentéisme qui pénalise les enfants de la classe de CM2 C. Après une rencontre avec la directrice de l’école, ils reviendront lundi avec la volonté d’obtenir une réponse de la principale intéressée – une enseignante qui cumule déjà « un mois et demi d’absence », selon les parents, depuis le début de la rentrée scolaire.

Dès 7h, ce jeudi matin, des parents d’élèves de la classe de CM2 C ont installé une banderole de papier sur la grille de l’école Eugène Dayot (Saint-Paul ville) : « Parents en colère, Entrée en 6e compromise, scolarité de nos enfants en danger ». Plusieurs parents ont pris position devant l’école pour en bloquer l’accès et discuter avec les parents qui arrivaient au fur et à mesure, jusqu’à 8h.

Karine : « C’est notre première action devant l’école depuis le début de l’année, mais à maintes et maintes reprises nous avons demandé des informations à la directrice sur les raisons de ces absences répétées. L’Académie nous laisse sans réponse, alors que nous avons demandé plusieurs fois des rendez-vous. Donc, aujourd’hui, nous faisons un petit blocus, pour montrer que nous sommes concernés par la scolarité de nos enfants… concernés et inquiets… La directrice nous dit que l’enseignante est malade : en ce cas, qu’on nous trouve un maître ou une maîtresse de remplacement pour assurer la scolarité des gamins jusqu’à la fin de l’année. On sait que cette enseignante a déjà quitté deux précédentes écoles pour le même motif. »

Alexandra : « Nous sommes ici ce matin pour montrer notre irritation devant une situation qui dure depuis pratiquement la rentrée d’août. La maîtresse de CM2 C est très souvent absente et on ne nous donne aucune solution de long terme. Les enfants n’ont presque rien fait ce trimestre ; on est inquiet parce qu’ils ont une évaluation nationale – en français et mathématique – en février et une orientation en 6e à la fin de l’année. Nous avons envoyé un courrier à l’inspection académique et lundi dernier, nous sommes partis demander un rendez-vous et on nous a dit qu’on ne nous recevrait que mardi prochain. C’est vraiment trop long… Avant que la maîtresse revienne de son congé, nous voudrions une solution pour le long terme… que nos enfants puissent commencer à travailler dans de bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent. On peut estimer à environ un mois et demi le temps passé en congé maladie, sur l’ensemble du trimestre… C’est beaucoup. »

Les parents ont maintenu le portail fermé pendant près d’un quart d’heure après 8h, puis ont laissé entrer les enfants des autres classes, après un bref échange à travers les grilles avec trois enseignants et la directrice de l’école. Celle-ci a ensuite reçu pendant près d’une heure une délégation de parents. « C’est la première fois qu’elle nous reçoit depuis le début de l’année » a commenté un parent resté à l’extérieur devant la grille fermée. A leur sortie, les parents toujours très déterminés ont annoncé leur décision de revenir lundi.

Maria : « Nous avons demandé à rencontrer l’enseignante pendant son temps de travail. Pourquoi ? Parce que si elle est malade, il faut qu’elle se mette en congé maladie longue durée, pour être remplacée sur du long terme, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année scolaire. Le trimestre se termine… Là, on nous propose des cours de rattrapage sur deux semaines, mais est-ce que cela va suffire pour combler un retard cumulé sur l’ensemble du trimestre ? Ils n’ont rien comme bagage : nous ne voulons pas d’une éducation à deux vitesses… Cela dépasse les bornes ! Nous reviendrons pour étendre l’action, parce que ce sont nos enfants qui sont pris en otage, et cela ne dérange personne ! »

Les manifestants vont maintenir leur mobilisation et sensibiliser les parents des autres classes jusqu’à lundi et mardi prochains. Ils dénoncent dans cette situation, la légèreté des responsables académiques qui ont assigné une classe de CM2 à une enseignante dont l’absentéisme était connu. « Dans la fonction publique, les agents peuvent avoir jusqu’à 3 mois d’absence pour raison de santé ; mais si on ajoute ces absences aux congés ordinaires, qu’est-ce qui reste des huit mois que dure l’année scolaire ? Comment s’étonner que les enfants de La Réunion aient plus de difficultés que les autres ? Comment va-t-on combattre l’illettrisme avec de pareilles attitudes ? » a demandé un ancien parent d’élève. Agent de la fonction publique, il s’est fait accusateur : « Je suis bien placé pour savoir que l’administration pratique le “deux poids, deux mesures” devant les demandes de congé » ajoutait-il.

Le fait est que les évaluations de CM2, tant redoutées par les élèves et leurs familles, ont donné en 2009 des résultats préoccupants : 16% d’élèves en très grande difficulté en français (7% en France); et 30% (le double de la France) en très grande difficulté en mathématiques. En Français, 24% des élèves de CM2 ne maîtrise pas assez les savoirs fondamentaux. En mathématiques, ils sont 23% à avoir moins de la moitié des réponses. Ceux qui donnent entre la moitié et les deux tiers des bonnes réponses ont à « consolider leurs savoirs » : ils sont 28% en français et 24% en mathématiques, selon les données de 2009.

Au final, moins d’un quart des enfants évalués à La Réunion en CM2 sont considérés comme ayant « des acquis très solides » en mathématiques (ils sont 35% en France) et ils ne sont qu’un tiers à être dans le même cas en Français (contre 45% en France). L’inquiétude et la colère des parents de Saint-Paul, hier, étaient proportionnées à ces résultats, par ailleurs pris en compte par les responsables académiques dans la distribution des dispositifs de soutien et des maîtres spécialisés.

En résumé, le cas soulevé à Saint-Paul est un “bon” exemple, parmi d’autres, des mécanismes en jeu dans la “ pérennisation ” de l’illettrisme à La Réunion. P. D

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séminaire Standardisation

8-9 octobre 2010

Séminaire « standard et standardisation » du créole

« Peut-on tout dire en créole ? »

Qu’est-ce qu’une langue standart ? Que signifie la « standardisation » de la langue de Madoré et Peters ? Lofis la lang kréol réyoné et l’Université tiennent un séminaire sur ce thème.

L’Université de La Réunion reçoit vendredi et samedi, sur le campus du Moufia, les participants d’un séminaire organisé par Lofis la lang kréol réyoné et la faculté des lettres et Sciences humaines : deux jours de conférences-débats en présence de linguistes du créole de La Réunion et de l’extérieur. Certains sont venus de France, comme Marie-Christine Hazaël-Massieux ou Pierre Cellier, d’autres des Antilles comme la Guadeloupéenne Juliette Sainton. Arnaud Capooran est maître de conférence à l’île Maurice et plusieurs de ceux et celles qui travaillent ici assidûment sur le créole vont intervenir pendant la journée de samedi, partagée en deux ateliers, une conférence-débat en début d’après-midi et une autre pour clôturer la journée, avec Marie-Christine Hazaël-Massieux.

En ouvrant la séance inaugurale, vendredi soir, Axel Gauvin, le président de Lofis la lang kréol réyoné, a inscrit ces travaux sur la standardisation dans une trajectoire : celle du chemin déjà parcouru pour la reconnaissance du créole réunionnais – c’est un fait acquis aujourd’hui, qui ne l’était pas il y a trente ans – et du chemin qui reste à parcourir. Que faut-il comprendre par « standard » ? Qu’est-ce qu’une « langue standard ? » La standardisation peut-elle se différencier de la « norme » ? Une langue standard est-elle un produit « théorique » ou un produit « social » ? Comment les locuteurs d’une langue, par nature si variés, intègrent-ils cette « norme » et à quoi leur est-elle utile ?

Axel Gauvin, président de Lofis (debout), Marie-Jo Lo-Thong représentant le DRAC (Direction du Livre), Lambert Félix Prudent, directeur du département de créole à l’Université de La Réunion et Michel Watin, directeur du Laboratoire des études Créolophones et Francophones.

 

La journée de samedi commence par un atelier sur la traduction : textes informatifs, textes sacrés et vulgarisation scientifique seront auscultés sous tous les rapports par trois intervenants réunionnais – Frédéric Célestin, Jean-Denis Ferrère et Axel Gauvin. En seconde partie de matinée, la parole sera donnée à deux pédagogues, Yvette Duchemann et Jessie Rivière Andy, ainsi qu’au professeur Pierre Cellier, pour une communication sur « un essai de standardisation de la syntaxe du créole réunionnais ». Une erreur trop communément répétée voudrait que la standardisation ne concerne essentiellement que la graphie, ce qui est loin d’être vrai… Certes, le créole réunionnais est en voie d’harmoniser sa graphie, mais la standardisaton touche des champs plus vastes (grammaire, syntaxe…) qui seront également abordés dans l’atelier et la conférence débat de l’après-midi : Fabrice Georger va se livrer à l’analyse de la «dictée Ipsos» ; Milène Eyquem s’est penchée sur quelques unes des « enseignes commerciales en créole » et Gudrun Ledegen a pris pour matière première « les SMS en créole » ou le parler jeune.

« Ce colloque n’a pas pour but de nous fournir “tout chaud tout rôti” un standard. Si l’on faisait cela, on obtiendrait une construction théorique coupée des locuteurs qui sont propriétaires de la langue… » a dit Axel Gauvin en ouverture d’une soirée qui a donné lieu à des échanges passionnés et constructifs, le thème des rencontres suscitant beaucoup de curiosité chez les participants.

Le programme

 

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souvenir et ferveur laïque à la ravine à Jaque

Kabar maron Lazaré

Souvenir et ferveur laïque à la ravine à Jaque

22-23 août 2010, Grande Chaloupe, ravine à Jaque – Se souvenir de la traite négrière, de ses acteurs, de son organisation, de ses séquelles et de comment elle a façonné une géographie, une société… C’était l’objet du kabar maron organisé dimanche 22 août 2010 par le Komité Eli et Lantant Koudmin à la ravine à Jaque, dans le cadre de la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (23 août). Une centaine de personnes se sont souvenues… sur l’un des plus anciens sites historiques de la traite à La Réunion.

Le 23 août, désigné par l’UNESCO Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, célèbre le soulèvement de l’insurrection de Saint-Domingue, dans la nuit du 22 au 23 août 1791. Cette première révolte victorieuse des opprimés dans une société esclavagiste a joué par la suite un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière et du « commerce triangulaire ».

 

Affiches et panneaux anciens préparés par le Komité Eli

Le Komité Eli – créé dans l’île pour la mémoire de la révolte des esclaves de Saint-Leu (5 novembre 1811) – et Lantant Koudmin ont été à l’initiative du kabar maron organisé aux abords du plus ancien des Lazarets de la Grande Chaloupe. Le Lazaret de la ravine à Jaque a été, ainsi que l’a expliqué l’historienne Michèle Marimoutou, un site de mise quarantaine depuis la fin du XVIIIe siècle, pour tous ceux qui arrivaient dans l’île, quelle que soit leur condition.


Proche de ceux construits après lui à la Grande Chaloupe, il a plus tard été le point de débarquement d’esclaves pendant la période de la traite interdite (1817-1848). Le Komité Eli milite pour la réhabilitation de ce lieu qui souffre jusqu’à aujourd’hui d’un abandon que rien ne peut justifier : délabrement des vestiges de bâtis, déjà mis à mal par un positionnement peu judicieux dans une coudée de ravine ; abords transformés en dépotoir, « cimetière vraisemblablement englouti par les crues successives » selon l’historien Laurent Hoareau (ci-dessus, au centre)… Tous ces éléments confèrent au lieu un air de désastre qu’aucune volonté politique assez forte jusqu’à présent, n’a permis de restaurer à la hauteur de la mémoire qui y est attachée. Contrairement à ce qu’a suggéré à beaucoup une conscience « spontanée » de la protection du patrimoine, le passage du tram-train à proximité de ces lieux aurait été un formidable facteur d’accélération de leur réhabilitation et son abandon risque de la retarder d’autant.

Ce lavoir à double vasque entourant une colonne d’arrivée d’eau de source, amenée par gravitation, est une des pièces anciennes du site.

 

Une cérémonie du souvenir s’est déroulée sur la grève : chaque participant jetant une fleur dans les flots, à la mémoire des esclaves et des engagés qui ont été débarqués sur ce morceau de côte.

 

 

Une famille de Bras-Panon, dont la mère est une habituée des services malgaches (servis kaf, servis kabaré), a entonné un chant dont la force de litanie fervente disait toute l’émotion ressentie par l’assistance. Une de ses filles, Judith, sera si elle le veut (si elle y travaille), l’une des grandes voix de La Réunion de demain.

Judith Profil

Elles ont été entourées, dans le kabar de l’après repas – ravaz et caris traditionnels – par quantités d’autres musiciens et chanteurs de talent, invités par le Komité Eli dont le président accompagne aussi ses maloyas au bobre : Danyèl Waro en famille et le group Sèt po, entourés de plusieurs talents, ont clôturé cette journée dédiée au souvenir, à la mémoire vigilante.

Des musiciens an dalonaz

                                                                     

 

 

 

 

Le président du Komité Eli

 

Sylvie Raymond i koz desï son bann zansèt :

« Ou gaingn plër azot akoz ou la trouv azot »

« Moin la komans fé mon arbre généalogique – mi di mon piéd’boi – an 2006, paske moin la parti dann in servis Bras Panon – in servis kabaré, servis malgas, servis kaf… Kan moin la rant dann boukan, la di amoin komsa “ mon gropèr i demand amoin amènn flër dessï son tonm”. Sé la moin la rapelé son tonm lété dann simetièr mé lété pa okïpé. Moin la komans komsa : pou amen le flër desï le tonm, té i fo mèt la kroi ; é pou mèt la kroi, té i fo le nonm. Nou la parti rod le papié léta sivil é kan moin la vi lo nonm momon mon gropèr, la toush amoin ; moin la di “ la… i fo mi sar rodé !” Iamongo… i tonm Lafrik sa !

La mi vien fini, an 2010… Moin la trouvé Lafrik, Lind, Madégaskar é bien sïr in pé Lérop – bann Robert, Ethève, Dennemont, Grondin… Moin la trouv osi Malbar zangagé, èk esklav… Banna lété desï in bato té i sort Madégaskar – larièr arièr arièr arièr gropèr èk gromèr – la trap azot desï in bato i apèl La Joséphine, pandan la trèt té interdi. Kan té i trap bann zesklav so tan-la… té i mèt azot latélié kolonial. Zot té i rèst dann latélié kolonial-la pandan sèt an. Apré, zot té afranchi. (…)

Mi koné zot dé la gaingn in garson, zot la apèl le garson Raymond…Ala mon nonm famiy : Raymond. (…) Moin mi di aou francheman, moin la plëré ! (…) Kan ou trouv… on diré ou plër la mor out papa, la mor out momon, la mor d’frèr… La ou plër la mor sat té pï la… Ou gaingn plër azot akoz ou la trouv azot ! »

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Les Réunionnais veulent la paix

Dérapage policier ? Provocation politique ?

Les Réunionnais veulent la paix

« Ceux qui sont prêts à abandonner un peu de leur libertés fondamentales en échange d'un peu de sécurité illusoire ne méritent ni l'une ni l'autre »

Benjamin Franklin

18 août 2010 – Environ deux cents personnes se sont rassemblées ce mercredi matin sur le parvis des Droits de l’Homme, « témoins actifs » venus écouter la version des faits donnée par l’avocat d’Abdul Hack Juan, ce jeune homme dont l’arrestation, suivie d’une garde à vue, a donné lieu à un dérapage policier, avec usage de gaz lacrymogènes, à proximité de la Grande mosquée de Saint-Denis, le 13 août dernier. L’avocat, Me Rémi Boniface, s’est inscrit en faux contre la version donnée récemment par le Directeur départemental de la Police, qui a tenté de justifier les agissements de ses hommes en parlant d’une arrestation « pour outrage à agent ». « La seule chose qui est en cause ici est une interpellation violente, brutale, injustifiée » a objecté l’avocat, en rappelant que les policiers se trouvaient « près de la mosquée, à l’heure où les fidèles sortaient de la grande prière, un premier vendredi de Ramadan. Vous imaginez la police faire cela un 15 août ? Bien sûr que non. Parce que le respect du catholicisme est un respect naturel ! Et pas le respect de l’islam ? »

Me Rémi Boniface a donné l’autre version des faits, affirmant qu’« Abdul Hack a le droit pour lui. Il n’avait pas à présenter ses papiers. » Il n’y avait en effet ni flagrant délit, ni réquisition du procureur. Des témoins ont confirmé les faits et l’avocat a également révélé que « des pressions sont en train d’être exercées sur certains témoins pour qu’ils ne viennent pas témoigner. » L’avocat a fait mention des films de passants qui ont été mis sur Internet, notamment un qui montre le début de l’altercation et la réaction des passants, visiblement offusqués de la scène. Encore n’ont-il pas vu ce qui s’est passé ensuite, dans le fourgon des policiers…

Décrivant l’état d’esprit du jeune homme – dont le 13 août était le jour anniversaire – Me Rémi Boniface a évoqué la période de Ramadan, et le fait qu’Abdul Hack s’apprêtait à rompre le jeûne avec son père, avant que celui-ci ne parte le soir même. « Il n’était pas dans un état d’esprit agacé, énervé, voulant en découdre avec n’importe qui ». Il évoque plutôt l’irresponsabilité des policiers, qui s’obstinent à vouloir fendre une foule paisible mais assez dense en fourgonnette, qui hèlent depuis leur fourgon un jeune homme qui venait de s’écarter pour les laisser passer mais qui trouvait aussi que les policiers manquaient d’égard envers les passants. Et qui ne l’a pas envoyé dire. Le beau-père du jeune homme, Ibrahim Dindar, présent sur les lieux comme d’autres musulmans, a tenté de s’interposer. Il a été verbalement rudoyé par les policiers (« le tutoiement bougnoule » dira Me Boniface) et menacé lorsque les agents de la Bac sont arrivés en renfort : « Toi, si tu t’pousses pas, tu vas t’faire bomber la gueule comme les autres »

« Nous avons la chance inouïe de voir des communautés vivre en paix à La Réunion, dans une harmonie qui reste toujours à soigner, à améliorer, mais c’est cela notre vraie richesse, le patrimoine mondial dont nous sommes dépositaires et que nous avons chacun le devoir sacré de protéger » a répété à plusieurs reprises l’avocat du jeune Abdul Hack. Avant d’ajouter : – « Dans les rangs de la police, tout le monde n’est pas encore pleinement conscient de cette chance exceptionnelle et unique que le monde nous envie. »

Compte tenu du rôle joué par des policiers dans un dérapage violent que la très grande majorité des Réunionnais réprouvent, Me Rémi Boniface a annoncé qu’il demanderait ce même jour au procureur de la République de dessaisir la police de cette enquête. « Elle est totalement impliquée et ne peut plus mener une enquête impartiale » a-t-il dit, ajoutant que « le directeur départemental de la police, soit a livré sciemment au public, lors d’une récente conférence de presse, des informations qu’il savait inexactes, soit en toute bonne foi a relayé certains mensonges de ses subordonnés ». Dans un cas comme dans l’autre, il plaide le dessaisissement de la police. « Ils (les policiers – Ndlr) ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de mettre le feu aux poudres » a-t-il dit en évoquant une rumeur de convocation en correctionnelle du jeune homme malmené. En son absence, son avocat a lancé un appel aux autorités « pour que soit réparée l’injustice commise envers Abdul Hack et qu’une paix véritable et saine revienne ». L’avocat n’a pas totalement écarté que des plaintes puissent être plus tard déposées.

«  Ne laissons pas commettre une injustice. (…) C’est une désolation de penser que quelqu’un pourrait faire l’objet de violences, être tabassé et que personne ne viendrait à son secours parce qu’il est anonyme. C’est terrible. Mais si l’émoi suscité à La Réunion et au-delà de La Réunion vient de ce que Abdul Hack est Abdul Hack (le fils de Nassimah Dindar – Ndlr), alors tous nous lui devons un merci. Merci d’avoir donné l’exemple de ce qui ne doit jamais se reproduire… Jamais ! Et à l’égard de quiconque » a conclu Me Rémi Boniface.

 

Déclaration des droits de l’homme (1789)

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée » (articles 12).

« La société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration » (article 15).

Et dans les cas où la force publique estimerait devoir arrêter quelqu’un :

« Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, (…), toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi » (article 9).

Voilà le pays dans lequel nous vivons. Est-ce que tout le monde en est conscient dans les rangs de la police ? Ces principes sont-ils présents à l’esprit de toutes les autorités ? a ajouté Rémi Boniface.

 

Elie Hoarau, député au Parlement européen :

Les comportements anti-Réunionnais ne passeront pas !

Des responsables politiques s’étaient joints à la foule : le député européen Elie Hoarau, la sénatrice Gélita Hoarau, le conseiller régional et ancien député André Thien Ah Koon, le vice-président du Conseil général Ibrahim Dindar (UCL) et d’autres élues du Conseil régional, dont Catherine Gaud, Aline Hoarau et Maya Césari.

Député européen et secrétaire général du parti communiste, Elie Hoarau a déclaré être là « en tant que citoyen réunionnais » (…) « outré » par ce qui s’est produit devant la grande mosquée de Saint-Denis, le 13 août dernier. « C’est grave et il faut que l’on soit tous unis pour rappeler aux responsables, à quelque degré que ce soit, qu’à La Réunion nous ne laisserons pas passer ce genre d’attitude, de comportement allant à l’encontre de tout l’effort que nous faisons pour que La Réunion soit une société exemplaire de rencontre, de fraternité… qu’il faut bien évidemment toujours conforter, renforcer. Ce qui s’est passé laisse à penser que certains veulent aller à l’encontre de cette volonté – presque unanime – de l’ensemble des Réunionnais. Voilà la raison de ma présence. Et cela est aussi tout à fait conforme à l’engagement politique qui est le mien. »

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La lang na poin le zo

La lang na poin le zo…

Torti i voi pa son ké !

16 août 2010 – In nouvel i di komsa : in démokrat Californie i vé défann la SNCF pass in kontra èk zot an rézon son bann trin té i serv pou déporté bann Juifs pandan la gèr. L’élï i apèl Bob Blumenfield é li di : « Il ne s’agit pas de remuer le passé. Il s’agit du présent et de savoir si oui ou non les entreprises demandant des dollars des contribuables californiens ont pris leurs responsabilités pour leurs actions ». In responsab SNCF-America la réponn ali « Les transports étaient organisés par les Allemands, qui fournissaient les wagons. La SNCF a fourni des conducteurs ; et le rôle de la SNCF s'est limité à la conduite des trains jusqu'à la frontière de France, mais en aucun cas à conduire les trains jusqu'aux camps de concentration ». Ladann, néna dé-troi gran kestion pou prann an kont. L’élï amérikin li aksèt pa lo manièr bann lantropriz fransé i tourn : sa i rosanm pa tro in défans lo Droi bann Domoun ; sa lé plito in zargiman dann in gèr komersial.

Mé nou pé domandé si lo M. Blumenfield-la li lé paré pou koz desï bann gran responsab amérikin la tienbo ansanm in tralé dikatïr – promièr rant zot : bann diktatïr pétrol ? Li la parti rogardé koman bann Texaco-Exxon-Mobil la fé zot fortïn dann Larabi saoudite, sinonsa an Colombie ? Li lé paré pou diskït desï sat Henry Ford – in gran lindistrièl amérikin – la di kan Hitler la donn ali (en 1938) in méday “la grand croix de l’Ordre de l’Aigle”, ali la souèt « le succès de la jeune et puissante Allemagne nazie dans sa tâche d’éradication de toutes les vermines et dégénérés qui salissent la race blanche » ? E navé pa rienk li tou sèl dan son péi  pou anpar bann nazi. Li lé paré pou diskït desï lo bann relasyon rant prézidan Roosevelt èk lo patron la Texaco ansanm in boug kom Goering ? Li lé paré pou koz desï la responsabilité bann lantropriz amérikin koméla dann l’Agent Orange, lo bann krim zot la fini fé Vietnam, la zamé indemniz lo bann viktim vietnamien pou sa ?

Pa bezoin alé pli loin pou voir boug-la néna pa plïs 20 an dann la politik. Li néna lo droi pratik son rolizion kom li konpran mé i fo pa mélanz tout. Sa… in zènn tortï i voi pa son ké !

 

KouyoNice

10 août 2010 – « Entre être Français ou voyou, il faut choisir » a dit notre ministre de l’industrie. Il n’en rate pas une, décidément ! Celui qui programme des trains dans la ville de Nice et qui vient dire aux Réunionnais qu’ils doivent abandonner le leur… C’était déjà in bel voyaz la kouyo…Nice, comme dit le créole. Il a fait mieux depuis : “Les voyous dehors !” dit-il. Aura-t-il le courage de commencer par ces « voyous de l’UMP » qui mettent leur argent en Suisse ou dans les paradis fiscaux ?

Dans les arguments avancés par le gouvernement pour déchoir de la nationalité française les têtes qui ne lui reviennent pas (des Musulmans, de préférence !), il y a la référence à la Constitution et les cas prévus « d’atteinte à l’intérêt de la Nation ».

Première question : Qu’est-ce que le gouvernement attend pour soumettre à ce critère les 3.000 voleurs des caisses de l’Etat, dont une banque suisse a remis la liste à M. Fillon en février 2009 ?

Deuxième question : le ministre délégué à l’industrie peut-il expliquer pourquoi  – et surtout comment – des aides à l’industrie automobile, pour plus de 60 millions, ont pu servir à l’achat de la Salle Pleyel – une salle achetée 9 millions € dix ans plus tôt par un adhérent UMP, fondateur et (ex) PDG du groupe Altran ? Et pourquoi ni les Domaines, ni le Parlement, n’avaient été saisis du contrat de bail passé avec la société IDSH, dont ce même adhérent UMP est (aussi) le PDG ? Dira-t-il pourquoi et comment les « voyous » de cette transaction financière douteuse – un contributeur et membre en vue de l’UMP, un de ses salariés et beau-frère présidentiel – ont été pris la main dans le sac en train de puiser dans les finances de l’industrie automobile… qui ne relève pas précisément du Ministère de la Culture ?

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