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Monuments historiques
La poudrière sortie de l’oubli
14 septembre 2009 – La poudrière de la Grande Fontaine, à Saint-Paul, serait le plus ancien édifice de la Compagnie des Indes Orientales dans notre île, d’après la date de 1724 gravée dans la pierre taillée du linteau. Ce trésor architectural inventorié depuis 1995 est resté à l’abandon jusqu’en 2008. Sa réhabilitation, dans le cadre d’un projet touristique, est désormais actée.
Le carrefour autour duquel s’est construit le quartier de la Grande Fontaine, à Saint-Paul, est un lieu chargé d’histoire dont la réhabilitation mérite d’être enfin activée. Le magasin à poudre daterait du début du XVIIIe siècle, construit sur l’ordre d’Antoine Labbé, dit Desforges-Boucher, gouverneur de Bourbon de 1723 à 1725, qui y avait bâti à côté sa résidence, à la croisée du chemin “ Tour des Roches ” et de la route de Bellemène – autrefois chemin de la poudrière.
Avec sa fontaine-lavoir, édifiée près d’une source (Grande Fontaine-Maison Rouge), à proximité du Bernica, le quartier garde des traces plus ou moins visibles de l’engagisme et de l’esclavage, matérialisées dans les chemins pavés par les esclaves. La poudrière aussi aurait très certainement été construite par les esclaves, aux frais de la Compagnie.
Elle comprend le magasin à poudre, avec voûte en plein cintre (pour plus de résistance) recouverte d’argamaste (mortier d’origine indienne), et d’épais murs d’enceinte, édifiés selon les principes de Vauban en un lieu stratégique. Selon la décision du Conseil provincial de Bourbon de 1723, elle aurait dû être doublée d’une autre poudrière, au pied de la montagne, de l’autre côté de l’étang. La position stratégique avait été définie au XVIIIe siècle pour repousser les attaques de pirates. Les troupes basées à Saint-Paul s’y replièrent le 21 septembre 1809 pour résister à l’attaque des Anglais.
Plusieurs documents attestent l’ancienneté et la qualité architecturale du monument. Un plan de Saint-Paul de 1806 situe précisément l’édifice. Un autre plan de 1822, signé de l’ingénieur en chef Gaudin, présente un relevé de la poudrière avec son mur d’enceinte, la guérite et le corps de garde – deux éléments qui ont disparu.
L’édifice aurait fait l’objet d’une réaffectation ou d’une réhabilitation en 1857.
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