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l'esprit des ancêtres

Le Maloya patrimoine immatériel mondial

 

L’esprit des ancêtres

 

2 octobre 2009 – Le maloya a été inscrit au patrimoine mondial immatériel de l'Unesco par la Convention internationale de l’Unesco réunie mercredi à Abu Dhabi. Il fait partie d’une liste de 76 premiers éléments distingués, représentant 27 pays – parmi lesquels le tango d’Argentine, le Sanké mon du Mali et 22 éléments de la culture chinoise comprenant – avec la calligraphie, la sériculture ou les bateaux-dragons – l’opéra tibétain et plusieurs chants et danses des groupes minoritaires chinois.

 

 

Pour La Réunion, le dossier du maloya a été constitué quand le conservateur général du Patrimoine a informé le président de la Région Réunion de la procédure de l’UNESCO pour constituer des listes « représentatives du patrimoine immatériel mondial » et pour s’engager à la sauvegarde de ce patrimoine.

 

Il est porté depuis juin 2008 par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, dont le cœur de projet est la valorisation du patrimoine culturel vivant réunionnais. Elle l’a fait en étroite collaboration avec le Pôle Régional des Musiques Actuelles, qui œuvre aussi depuis plusieurs années à la collecte des musiques traditionnelles de l’île. Sa collection Takamba comprend les disques Gramoun Bébé et La famille Gado, ainsi que les enregistrements de Charlésia (chants des Chagos) et des chants rodriguais, “cousins” comme le dit le directeur du PRMA, de notre maloya dont les origines africaines et malgaches ont été décrites depuis le 18e siècle sous le terme « tchéga ».

 

Dans la poursuite de son projet de valorisation la MCUR a créé le titre de Zarboutan nout Kiltir, décerné à titre posthume au Rwa Kaf en 2004 et l’année suivante à Firmin Viry – qui enregistra en 1976 le premier disque de maloya (en public, à la fin du 5e congrès du parti communiste réunionnais) –, Gramoun Baba, Gramoun Bébé et Gramoun Lélé.

 

En octobre 2008, 23 artistes ont appuyé le dossier de candidature de La Réunion.

“ Maloya la pa nou la fé… ” Cette expression dit, parmi d’autres, la force de la résistance que les esclaves africains et malgaches ont opposée à l’entreprise d’anéantissement qui les a conduit sur nos rives. « Mourir une fois on le supporte, mourir deux fois est intolérable » dit un proverbe malgache. Le maloya, chant et danse, est arrivé jusqu’à nous porteur du désir collectif de ne pas laisser mourir une deuxième fois ceux que l’esclavage a niés dans leur être et dans leur culture.

 

De nos jours, le Musicannuaire du PRMA recenserait environ 300 troupes attachées à faire vivre un maloya qui a irrigué, depuis 1981 et la sortie du 20 décembre de sa clandestinité, quantité d’autres expressions musicales.

Enseigné depuis 1987 au Conservatoire national de Région (avec le séga), le maloya l’est aussi depuis janvier 2009 dans l’atelier permanent de musique réunionnaise, à la Cité de la Musique de la Villette.

 

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