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« Kosa i fé dann lékol kan i fé kréol ? »
14 août 2010 – Ecole Raymond Mondon B, auPort. Des
enseignants du créole avec l’association Lantant pour Lansingnman la Langue
sanm Kiltir La Rénion (L3KR) ont répondu aux questions et à la curiosité d’une
dizaine de parents d’élèves du Port venus avec la FCCPER (Force de
Coordination des
Comités de Parents d’élèves de La Réunion).

Mémouna Patel souhaite la bienvenue aux participants au nom de la ville du Port, signataire de la Charte des communes bilingues de La Réunion





Les parents ont pris la place des enfants de maternelle, avec Mémouna Patel, l’élue de la ville du Port en charge des affaires scolaires (premier rang, à droite) face à Sabrina (dessus), enseignante à l’école Laurent Vergès, Rivière des Galets (Le Port).
Elle anime ici l’atelier 1 des Maternelles bilingues.


Avec les petits, Sabrina travaille avec deux poupées de chiffon. Tikok (en jaune, à gauche) i koz kréol, tandis que Julie (en bleu, à droite) parle français. Après avoir fait travailler les enfants sur les deux versions de Gran Mèr Kal, les deux poupées leur permettent de travailler en écho : questions en créole, réponses en français et vice-versa. Ci-dessous : « L’éducation Nationale devrait mettre en place une formation au créole pour les enseignants qui arrivent de France » dit cette maman d’élève.

Atelier 2 : Lékol primèr

Giovanni Prianon (Atelier 2) explique aux mamans comment se déroulent les cours de créole dans les cours élémentaires et moyens du 1er degré : Introduction sur la langue créole, qui la parle ? Qui sont les Créoles ? Comme avec les plus petits, l’expérience a été filmée : « Kosa nou fé » raconte cette étape d’appropriation du créole par les 7-10 ans.


Que signifie « Créole » en français ? Un petit détour par le dictionnaire apprend aux parents, comme leurs enfants l’apprennent eux-mêmes, que le mot n’a pas le même sens en français et en créole. Il s’ensuit une discussion très animée…

Atelier 3 : Koléz-Lisé / Collège-Lycée

Kosa in soz ? Gran couto mon papa i koup troi koté ? La fèy vakoa. Les devinettes et sirandanes apportent aux enfants une richesse de vocabulaire et des éléments de connaissance de leur culture.


Ici : In sékans LCR (langue et Culture Régionale) pou in klas 3e
A partir de textes d’auteurs réunionnais – Kartié-troi-Lèt (Axel Gauvin), Zistoir Kristian (père Christian Fontaine), Légendes créoles (Daniel Honoré) et la chanson « Granmèr » par Ousanousava, Aurélie Filain explique le thème de la séquence : Bann relasion rant bann zanfan èk zot momon-papa isi La Rénion (Les relations entre enfants et parents, à La Réunion)
Ci-dessous : Un exemple de ce qui se fait comme matériel pédagogique. Ce petit livre édité par l’association Tikouti est trilingue (kréol, français, shimaoré) et permet aux enfants dont les familles sont venues de Mayotte de mieux s’intégrer dans nos écoles.


Ces femmes sont des parents d’élèves de l’association FCCPER à l’initiative de cette matinée d’information destinée aux parents, organisée avec Lantant pour Lansingnman la Lang sanm la Kiltir La Rénion et avec le soutien de la Ville du Port, commune bilingue.
Ci-dessous : photo de groupe avant de se séparer.

Créole réunionnais et français, langues partenaires
Créole à l’école : Un débat social
Laurence Daleau, Yvette Duchemann, Axel Gauvin et Fabrice Georger : quatre enseignants de Langue et Culture Régionales (LCR), membres de l’association “Tikouti” ont travaillé durant trois ans, confrontant leurs points de vue et expériences professionnelles dans un essai, se basant sur des données scientifiques, pour aboutir à la publication de leur livre : “Oui au créole, oui au français”. Ils poursuivent le débat sur le créole à l’école, ouvrent les portes à de nouveaux échanges, ne veulent pas imposer mais convaincre.
C’est en grande partie pour tenter de répondre, de façon simple mais non moins rigoureuse, aux idées reçues contre le créole réunionnais, partant de leurs expériences d’enseignants LCR mais aussi de témoignages de linguistes, socio et psycho linguistes sur la place de la langue dans notre société et sa perception dans l’esprit des gens, que les auteurs ont décidé d’écrire ce livre, qui se compose d’un essai suivi d’entretiens avec des enseignants et des chercheurs.
Un espace de pédagogie intégrée
À ceux qui aborderaient cette initiative avec des arrières pensées politiques, Axel Gauvin dément une quelconque appartenance. « Le créole est à tout le monde. Il doit avoir sa place dans notre société », d’autant que « le créole est une de nos deux langues qui tient dans nos sentiments une place à part. » Bien que la réflexion sur la place du créole réunionnais dans l’enseignement date de plusieurs années, « ce n’est pas pour autant que l’on possède toutes les données », poursuit Axel Gauvin. Et la raison fondamentale qui conduit les auteurs, enseignants, à défendre cette place est avant tout pédagogique. Tous les élèves ne sont pas égaux devant nos deux langues. Du primaire au secondaire, certains n’ont pas le niveau requis en français, mais l’ont en créole. Pour ces élèves, avec l’accord de leurs parents, un espace de pédagogie intégrée créole français peut être mis en place. Cela permet d’insister sur les différences de vocabulaire qui existent entre les deux langues afin d’éviter les interférences et les faux amis, d’enseigner des notions grammaticales à partir du créole, de comprendre la structure des langues permettant ainsi à l’élève bilingue d’acquérir des bases de connaissances utiles pour l’apprentissage de toute autre langue. Loin de chercher à opposer nos deux langues, cette pédagogie de la comparaison, ludique, permet de mieux les repérer.
L’enfant bilingue
Avec près de 110.000 illettrés, un taux d’échec scolaire important, « la question pédagogique concerne l’ensemble de la société réunionnaise. » Pour Fabrice Georger, « les gens sont réticents, ont peur de cette question du créole à l’école. Il améliorera selon nous les acquisitions générales. » Après deux ans d’enseignement dans une classe bilingue de maternelle à la Rivière des Galets, Fabrice Georger a pu constater que « les élèves repèrent beaucoup mieux les énoncés en créole et en français alors que beaucoup mêlent les deux. » Alors qu’en maternelle, la priorité est la maîtrise de la langue, il souligne « que l’enfant s’exprime avec un débit plus élevé. » L’enfant prend aussi plaisir à parler et jouer avec les deux langues. Pour Laurence Daleau, son expérience d’enseignante LCR dans une classe de CM2, lui a permis de constater un véritable rapprochement entre les générations, « de resserrer les liens sociaux. » Selon les auteurs, lorsque les parents sont informés, ils adhérent massivement à cette forme d’enseignement. Reste à convaincre et surtout à bénéficier des moyens pour le faire.
Faire bouger les mentalités
Les auteurs souhaitent vivement que le maximum de personnes s’approprient cette lecture. C’est un livre grand public qui aspire à susciter « un débat tolérant, ouvert, sans sectarisme. » La personne qui s’oppose au créole à l’école est simplement « une personne à convaincre », explique Axel Gauvin, mais jamais un opposant. L’intérêt reste la langue et l’épanouissement humain et scolaire des enfants. Il faut changer les représentations de l’enseignement du créole et pour en parler, il faut argumenter, avoir un minimum de connaissance des réels enjeux qui portent sur l’apprentissage des deux langues pour espérer au final améliorer les résultats scolaires, pour que les enfants se sentent à l’aise avec leurs deux langues. « On est face aujourd’hui à un débat social, poursuit Axel Gauvin. Pour ou contre, tout le monde a une idée dessus. » Seul on ne parvient à rien, « il faut continuer à discuter. » Et c’est au fil des échanges que les problèmes se dégagent, au fil des confrontations d’idées et des discussions qu’ils trouvent des solutions. Il faudra encore plusieurs dizaines d’années, de palabres fructueuses, souhaitons-le, et d’expérimentations pour convaincre. Il faudra encore et encore rappeler que promouvoir le créole ne signifie en rien s’opposer au français, au contraire, les deux démarches sont liées : défendre le français et le créole c’est se battre pour la diversité linguistique et culturelle mondiale.
Stéphanie Longeras
Article paru dans Témoignages du 14 septembre 2006.
6 ans après l’extension de la loi Deixonne aux créoles
Six ans après la reconnaissance officielle du créole, les choses évoluent… mais lentement car il s’agit avant tout de changer les mentalités. Cette loi « a transformé notre relation avec le créole et avec le français », précise Axel Gauvin. « Plus on donne de droit au créole plus on est libre de se battre pour le français. Si on nie le créole, je me referme. Oui au français, il y a 6 ans, on ne l’aurait peut-être pas écrit. » Ce fervent militant de la langue, refusant son appauvrissement, tient à rappeler que « le créole est appris pour lui-même, en lui-même, ce n’est pas le marche-pied du français. Qu’on le veuille ou pas, le créole est déjà là à l’école, dans la cour de récréation, à la cantine. On ne peut pas faire comme si on le laissait à la porte de la classe. On ne peut pas progresser dans les deux langues si l’on ne maîtrise déjà pas sa langue maternelle. Si l’on ne tient pas compte de l’une d’entre elle, c’est la catastrophe. »
A zot osi, zot i pé pass témoin ?
Di le difikilté ou nana, ou bien si ou lé dann in group formasion, remiz a nivo… Koman i espas ? Kosa ou atann ? Kosa néna dan out kartié pou done domoun lanvi lir, lanvi aprann pli loin ?
Si ou lé in formatèr, ou bien si ou donn la min domoun lé dann malizé akoz zot i koné pa ékrir…
Azot osi, di zot lespérians…
« Moin la zamé été rézinié… Moin té i rabésé pa moin »
Marie-Reine, 47 an
« Moin mi sort la P’tite-Ile. Moin la pa parti lékol tro lontan, moin la arété moin navé 8 an. Falé nou té i yèd bann moman ek papa travayé. Mon papa, mon momon té i gingn pa lir. Mon papa té i travay dann bitasion li té i fé bokou d’métié. Li té i konstrui la kaz, li té i okip la tèr. Moin néna sink sèr ek troi frèr. Mon gran sèr la parti inn ti pé loin, banna la done aèl in ti pé plis lé moiyin. Mi kroi èl la ariv an segonn. Nou, le rès, nou té i sava pa lékol toulézour. (…)
Minmsi moin lavé arèt lékol, kan momon té i anvoy amoin la boutik, lontan banna té i mèt la mori ou sounouk dann papié zournal, alor moin té i ramas le ti papié pou moin lir, pou moin aprann. Si mi konésé pa in mo moin té i mèt inn ti tré dosou é apré mi demandé domoun kosa té i vé dir. Moin la apri a lir komsa.
Moin la aprann par moin-mèm épi mon mari la èd amoin. Moin la marié a 19 an. Li, li la ariv an fin détid. Moin la okip son bann paran ke lété andikapé é dèk mi trouvé in papié ousa lavé in nafèr lété ékri desi, bin moin té i sèy lir. Moin té i demann ali. Li té i pran osi banndésiné, bann liv Rocky, li té i lir é té i esplik amoin.
Moin, moin la touzour bien viv, minmsi moin té i gingn pa tro lir, pa tro ekrir, moin la zamé pansé ke moin lété an desou lé zot. Moin la zamé été rézinié, moin la vouli amélioré, aprann. Moin té i rabésé pa moin. Kan navé in papié ladministrasion pou ranpli moin té i domann mon mari, parfoi mi éséyé de ranplir osi. Moin la zamé domann domoun. Soi li té i ranpli, soi nou té i fé nout dé avek. (…)
Lé pa dan la formasion la aprann amoin lir. Moin la touzour lir zournal, tout sort ti revi ke moin lavé. Sé ékrir ke moin la aprann parske moin té i koné pa. (…} In shèk moin té i koné pa ranplir, na bokou papié ladministrasion moin té i gingn pa fé é ke mintnan mi konpran. Lèt motivasion, CV, tousala moin la aprann. (…)
Zordi moin la pi bezoin domann domoun, mi gingn lir, ékrir, moin lé indépandante. Kan la formasion sar fini, mi voudré ésèy rouv inn ti stand légim koté mon kaz, mi vann déza flèr pour 1é novanm é 1é mé. Sé pa akoz ou i gingn pa lir ou i gingn pa ékrir ke ou i gingn pa viv, mé kan ou i gingn ou i viv mié. »
« Moin la inn ti pé ont »
David, 27 an
Moin lé né Saint-Louis, mé moin la parti abit la kaz mon tati la Ravine des Cabris moin lavé pétèt 11 an. La sitiasion ek mon momon, mon papa té inn ti pé konpliké.
Moin la parti lékol ziska 3èm. Moin la pa gingn alé pli loin. Moin la touzour gingn difikilté lékol sirtout an mat. Sinon mi gingn lir, mi gingn ékrir. Mé mat moin té i konpran pi rien sirtou soustraksion. Le bann prof té i pran le tan esplik lé zot mé té i pran pa le tan esplik amoin. Moin moin té i yèm alé lékol pou aprann, pou dékouv in ta zafèr. Mé banna té i blok mon tèt. O final moin la désid arèt lékol. (…)
Moin la gingn mon CAP agrikol. Apré moin la koup la kane. Mé mon rèv sé lortikiltir. Sé pou sa moin la vni an remiz a nivo. Mi vé travay dann in pépinièr. (…)
Kan mi gingn pa fé in nafèr mi di mon kouzine èd amoin. Moin na kouzine i sar lékol donk mi domann azot. Banna la ariv loin. (…) Amoin mon problèm sé plito la timidité, mi oz pa. Moin la inn ti pé ont. Mon momon, mon papa la pa parti lékol. Mon papa té koupèr d’kane. Moin mi vé ansort amoin mié. »
(source : Akoz, désanm 2007)
Emploi
La lettre de motivation
22 octobre 2009 – La gendarmerie recrute. Pas beaucoup, à cause des restrictions budgétaires, mais bon an mal an, une centaine de Réunionnais – hommes et femmes de 18 à 36 ans – intègrent la gendarmerie pour un premier emploi ou dans une reconversion. Au 1er octobre 2009, 687 inscriptions étaient reçues. L’an dernier, sur près de 800 candidats, 138 ont été sélectionnés.
Outre le service de la population et du pays, il faut aimer l’esprit militaire et la « mobilité » qui va avec ; ces conditions remplies, l’aspirant(e) gendarme peut se présenter à l’une des sélections des candidats. Les premiers tests ont lieu dans l’île, sur une demi-journée pour les Volontaires (gendarmes adjoints) ou sur 2 jours pour les gendarmes et les officiers. Avant la fin de l’année, deux sélections en novembre et deux ou trois en décembre les attendent.
Dans toutes les unités locales, les candidat(e)s trouveront les prospectus donnant les conditions à remplir pour s’inscrire à une sélection.
Au Centre d’Information et de Recrutement de la gendarmerie, l’adjudant-chef Laurent Coulin reçoit sans rendez-vous (*) et conseille sur la préparation des tests. «Il faut savoir écrire, compter. Il faut savoir rédiger… De gros efforts sont à faire sur le français. Il faut aussi une bonne culture générale» dit-il en préambule.
L’usage du français écrit semble être ici le principal critère éliminatoire, même pour les bacheliers et les diplômés du Supérieur.
Le principal conseil donné par le responsable du Centre de Recrutement à ceux et celles qui ont des faiblesses en français est d’entrer par la sélection des Volontaires et de progresser ensuite par promotion interne pour devenir gendarme. Un Volontaire s’engage pour un an renouvelable 4 fois : ce sont quatre années pendant lesquelles ils peuvent se préparer et passer des tests en interne.
Par la suite, les spécialisations des métiers de la gendarmerie permettent d’évoluer de façon très diverse : plongeur, motard ou cavalier, section de recherche et investigation criminelle, musicien, maître-chien, spéléologue, pilote et mécanicien d’hélicoptère, technicien de l’audiovisuel, membre des cellules de prévention de la délinquance juvénile…
La sélection des futur(e)s volontaires comporte des tests psychotechniques, de connaissance générale et de compréhension d’un texte et, selon l’emploi recherché, un entretien avec un officier. Aucun diplôme n’est requis et cette voie d’accès à une forme de promotion sociale sera maintenue à l’avenir, alors qu’à partir de 2010 le recrutement des gendarmes se fera sur concours, avec Bac obligatoire.
Mais comme les autres candidats, les futurs Volontaires devront rédiger la lettre de motivation de leur dossier, au moment de son dépôt : sur place, seuls…et sans dictionnaire. Le responsable des recrutements est intraitable : « Il vaut mieux l’avoir préparée intellectuellement… Quand je trouve vingt fautes dans les trois premières lignes, je n’ai pas envie de continuer » dit-il. “Promotion sociale” peut-être… mais pas pour tout le monde.
(*) rue Mac Auliffe, caserne Vérines, Saint-Denis : 0262.93.75.55 (Laurent Coulin).
Tout marériau jugé intéressant peut être repris, avec la mention du site d'origine et un lien actif vers celui-ci: http://www.liberasyon.re création du site: web-el-design
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