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Liberasyon, lucidité, responsabilié, insoumission
présentation du site

Sur quelles forces sociales de transfor-mation La Réunion peut-elle compter de nos jours ? Kisa zordi lé paré pou vanz pou tout pèp réyoné, pa sèlman pou son famiy, son bann moun, son kartyé ?

Pour quel projet « d’intérêt général » non capté par telle ou telle coterie ? Quel avenir voulons-nous pour notre île ?

Ces questions sont à l’origine de la construction de ce site, liberasyon.re, né du mouvement de protestation sociale de février-mars 2009 et aussi de la prise de conscience que les partis politiques dits progressistes, en commençant par le premier d’entre eux, le PCR – qui a été au cœur des transformations opérées dans le demi-siècle écoulé – traversent une crise d’identité étroitement liées au déficit démocratique dont souffre toute la société réunionnaise.

Liberasyon.re veut être un lieu d’élaboration collective dans la prise de conscience et la réalisation concrète d’un fait social énoncé il y a plus d’un siècle et demi et vérifié depuis partout sur la planète : « …l’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Dans la prise de conscience de ce que chacun, chacune peut apporter à la construction d’ensemble.

Caminante, el camino se hace al andar ! (Toi qui chemine, ton chemin se fait en marchant) disait le poète espagnol Antonio Machado – il s’est éteint à l’époque où un jeune dirigeant chinois disait aux milliers d’ouvriers et paysans lancés dans l’action, qu’Une longue marche commence toujours par un premier pas

La marche proposée ici est une progression de l’esprit, traduite dans des actes –sociaux, culturels, politiques… – pour une émancipation construite collectivement dans la définition d’un projet sociétal réunionnais, libéré des ornières creusées par les débuts de la décolonisation.

Où en est la décolonisation de La Réunion aujourd’hui ? En nous efforçant de répondre ensemble à cette question, nous poserons des actes pour une refondation du mouvement de transformation de la société réunionnaise à partir de sa base, dans une recherche constante d’union avec toutes les forces patriotiques. La Réunion lé an nou !

 

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Liberasyon, lucidité, responsabilié, insoumission
parents d'élèves en colère

Absentéisme enseignant

Des parents mobilisés

25 novembre 2010, Saint-Paul – Un début de mobilisation de parents d’élèves de l’école élémentaire Eugène Dayot, en ville de Saint-Paul, a rassemblé ce jeudi matin, entre 7h et 9h, une dizaine de parents qui ont manifesté devant l’école : ils protestent contre la lenteur de l’Académie dans le règlement d’un problème d’absentéisme qui pénalise les enfants de la classe de CM2 C. Après une rencontre avec la directrice de l’école, ils reviendront lundi avec la volonté d’obtenir une réponse de la principale intéressée – une enseignante qui cumule déjà « un mois et demi d’absence », selon les parents, depuis le début de la rentrée scolaire.

Dès 7h, ce jeudi matin, des parents d’élèves de la classe de CM2 C ont installé une banderole de papier sur la grille de l’école Eugène Dayot (Saint-Paul ville) : « Parents en colère, Entrée en 6e compromise, scolarité de nos enfants en danger ». Plusieurs parents ont pris position devant l’école pour en bloquer l’accès et discuter avec les parents qui arrivaient au fur et à mesure, jusqu’à 8h.

Karine : « C’est notre première action devant l’école depuis le début de l’année, mais à maintes et maintes reprises nous avons demandé des informations à la directrice sur les raisons de ces absences répétées. L’Académie nous laisse sans réponse, alors que nous avons demandé plusieurs fois des rendez-vous. Donc, aujourd’hui, nous faisons un petit blocus, pour montrer que nous sommes concernés par la scolarité de nos enfants… concernés et inquiets… La directrice nous dit que l’enseignante est malade : en ce cas, qu’on nous trouve un maître ou une maîtresse de remplacement pour assurer la scolarité des gamins jusqu’à la fin de l’année. On sait que cette enseignante a déjà quitté deux précédentes écoles pour le même motif. »

Alexandra : « Nous sommes ici ce matin pour montrer notre irritation devant une situation qui dure depuis pratiquement la rentrée d’août. La maîtresse de CM2 C est très souvent absente et on ne nous donne aucune solution de long terme. Les enfants n’ont presque rien fait ce trimestre ; on est inquiet parce qu’ils ont une évaluation nationale – en français et mathématique – en février et une orientation en 6e à la fin de l’année. Nous avons envoyé un courrier à l’inspection académique et lundi dernier, nous sommes partis demander un rendez-vous et on nous a dit qu’on ne nous recevrait que mardi prochain. C’est vraiment trop long… Avant que la maîtresse revienne de son congé, nous voudrions une solution pour le long terme… que nos enfants puissent commencer à travailler dans de bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent. On peut estimer à environ un mois et demi le temps passé en congé maladie, sur l’ensemble du trimestre… C’est beaucoup. »

Les parents ont maintenu le portail fermé pendant près d’un quart d’heure après 8h, puis ont laissé entrer les enfants des autres classes, après un bref échange à travers les grilles avec trois enseignants et la directrice de l’école. Celle-ci a ensuite reçu pendant près d’une heure une délégation de parents. « C’est la première fois qu’elle nous reçoit depuis le début de l’année » a commenté un parent resté à l’extérieur devant la grille fermée. A leur sortie, les parents toujours très déterminés ont annoncé leur décision de revenir lundi.

Maria : « Nous avons demandé à rencontrer l’enseignante pendant son temps de travail. Pourquoi ? Parce que si elle est malade, il faut qu’elle se mette en congé maladie longue durée, pour être remplacée sur du long terme, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année scolaire. Le trimestre se termine… Là, on nous propose des cours de rattrapage sur deux semaines, mais est-ce que cela va suffire pour combler un retard cumulé sur l’ensemble du trimestre ? Ils n’ont rien comme bagage : nous ne voulons pas d’une éducation à deux vitesses… Cela dépasse les bornes ! Nous reviendrons pour étendre l’action, parce que ce sont nos enfants qui sont pris en otage, et cela ne dérange personne ! »

Les manifestants vont maintenir leur mobilisation et sensibiliser les parents des autres classes jusqu’à lundi et mardi prochains. Ils dénoncent dans cette situation, la légèreté des responsables académiques qui ont assigné une classe de CM2 à une enseignante dont l’absentéisme était connu. « Dans la fonction publique, les agents peuvent avoir jusqu’à 3 mois d’absence pour raison de santé ; mais si on ajoute ces absences aux congés ordinaires, qu’est-ce qui reste des huit mois que dure l’année scolaire ? Comment s’étonner que les enfants de La Réunion aient plus de difficultés que les autres ? Comment va-t-on combattre l’illettrisme avec de pareilles attitudes ? » a demandé un ancien parent d’élève. Agent de la fonction publique, il s’est fait accusateur : « Je suis bien placé pour savoir que l’administration pratique le “deux poids, deux mesures” devant les demandes de congé » ajoutait-il.

Le fait est que les évaluations de CM2, tant redoutées par les élèves et leurs familles, ont donné en 2009 des résultats préoccupants : 16% d’élèves en très grande difficulté en français (7% en France); et 30% (le double de la France) en très grande difficulté en mathématiques. En Français, 24% des élèves de CM2 ne maîtrise pas assez les savoirs fondamentaux. En mathématiques, ils sont 23% à avoir moins de la moitié des réponses. Ceux qui donnent entre la moitié et les deux tiers des bonnes réponses ont à « consolider leurs savoirs » : ils sont 28% en français et 24% en mathématiques, selon les données de 2009.

Au final, moins d’un quart des enfants évalués à La Réunion en CM2 sont considérés comme ayant « des acquis très solides » en mathématiques (ils sont 35% en France) et ils ne sont qu’un tiers à être dans le même cas en Français (contre 45% en France). L’inquiétude et la colère des parents de Saint-Paul, hier, étaient proportionnées à ces résultats, par ailleurs pris en compte par les responsables académiques dans la distribution des dispositifs de soutien et des maîtres spécialisés.

En résumé, le cas soulevé à Saint-Paul est un “bon” exemple, parmi d’autres, des mécanismes en jeu dans la “ pérennisation ” de l’illettrisme à La Réunion. P. D

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